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		<title>Nedjma Institute</title>
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		<title>Un po&#232;te alg&#233;rien : Si Mohand ou Mhand</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;On connait en diverse cultures l'exemple de po&#232;tes dont le g&#233;nie a si bien co&#239;ncid&#233; avec celui du peuple dont ils &#233;taient que tr&#232;s vite, ils en sont devenus la voix et comme le symbole. Il a le privil&#232;ge du don, il sait trouver les mots, porter &#224; la lumi&#232;re les obscures voix que chacun entend en soi sans savoir les rendre ; chacun trouve &#224; ses vers le fraternel accent o&#249; il lit son c&#339;ur propre, magnifi&#233; de la beaut&#233; du verbe, qui rehausse la joie ou exorcise le malheur. On s'habitue &#224; la fin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH71/planche_si_mohand-b586b.png?1776164910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On connait en diverse cultures l'exemple de po&#232;tes dont le g&#233;nie a si bien co&#239;ncid&#233; avec celui du peuple dont ils &#233;taient que tr&#232;s vite, ils en sont devenus la voix et comme le symbole. Il a le privil&#232;ge du don, il sait trouver les mots, porter &#224; la lumi&#232;re les obscures voix que chacun entend en soi sans savoir les rendre ; chacun trouve &#224; ses vers le fraternel accent o&#249; il lit son c&#339;ur propre, magnifi&#233; de la beaut&#233; du verbe, qui rehausse la joie ou exorcise le malheur. On s'habitue &#224; la fin tellement &#224; entendre rendus par les sentiments de tous qu'on finit par lui attribuer indistinctement toutes les cr&#233;ations de valeur. Il est devenu plus qu'un h&#233;raut, un symbole. Qu'importe que tous les chants de l'Iliade et de l'Odyss&#233;e ne soient pas d'Hom&#232;re ? Parce que celui qui s'est appel&#233; ainsi a su rendre mieux que tous les autres les sentiments des Ach&#233;ens, on a fini par mettre sous son nom tous les po&#232;mes qui redisaient la guerre de Troie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en a-t-il &#233;t&#233; de Si Mohand, po&#232;te alg&#233;rien. A la vie de son peuple, &#224; un moment critique de son histoire, Si mohand a particip&#233; pleinement. Il est n&#233; vers 1850 dans une r&#233;gion de l'Alg&#233;rie non encore soumise : la Kabylie (elle le sera pendant l'enfance du po&#232;te). Il mourra en 1906, alors que la colonisation triomphante s'est &#233;tendue &#224; tout le pays. Dans l'intervalle il aura assist&#233; &#224; la destruction brutale ou lente de l'ordre social ancien, &#224; l'instauration d'un ordre nouveau. Il ne sera pas seulement le spectateur du drame, il le vivra non pas m&#234;me sur les franges mais au plus &#233;pais de la m&#234;l&#233;e, dans son destin, dans son esprit, et jusque dans sa chaire. Il na&#238;t et d&#233;j&#224; le drame marque sa vie, sa famille en effet est &#233;trang&#232;re au village o&#249; il voit le jour ; elle vient de s'y r&#233;fugier depuis peu pour fuir les suites d'une vendetta. Puis Mohand encore enfant voit les troupes du g&#233;n&#233;ral Randon monter &#224; l'assaut de la montagne Kabyle. Ichra&#239;ouen son village, est d&#233;truit, et les habitants dispers&#233;s. C'est le 2&#232;me exil du po&#232;te. A la place le g&#233;n&#233;ral Randon fait construire un fort d'o&#249; il surveillera les villages accroch&#233;s sur les pitons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vieux chef kabyle dit : &#171; c'est une &#233;pine plant&#233;e dans notre &#339;il &#187;. Quatorze ans plus tard, la grande r&#233;volte de 1871 soul&#232;ve le pays, la famille de Mohand s'y engage toute enti&#232;re. Apr&#232;s la d&#233;faite le p&#232;re du po&#232;te est jug&#233;, condamn&#233; et pass&#233; par les armes &#224; Fort National sur les lieux m&#234;mes de sont premier village d&#233;truit. Son oncle est d&#233;port&#233; en Nouvelle Cal&#233;donie. Son fr&#232;re fuit en Tunisie et lui-m&#234;me ne doit la vie qu'&#224; l'intervention d'un Officier qui a jug&#233; sa mort inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les biens de la famille sont confisqu&#233;s. Mohand r&#233;duit &#224; l'indigence quitte la montagne natale et s'en va. C'est son troisi&#232;me et d&#233;finitif exil. Il passera d&#233;sormais sa vie &#224; parcourir les villes et les routes d'Alg&#233;rie et quelquefois de Tunisie. Il vit au jour le jour au gr&#233; des circonstances et plus souvent encore du d&#233;mon qui le pousse. Tr&#232;s vite il prend conscience du caract&#232;re singulier de son destin et l'accepte comme ici. Il avait acquis quelques rudiments &#224; l'&#233;cole. Il se h&#226;te de les oublier. Pour s'&#233;tourdir il s'adonne, d'abord avec r&#233;ticence, et &#224; la fin avec fr&#233;n&#233;sie, &#224; tous les plaisirs d&#233;fendus : les filles, le vin l'absinthe, le hachisch, la coca&#239;ne. Il fr&#233;quente tous les milieux : les notables, dont il fut avant la tourmente, les clercs, par qu'il a &#233;t&#233; jadis l'un d'eux, et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale toues les conditions y compris les plus mis&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vit d'exp&#233;dients, &#233;crivant des lettres pour les ouvriers illettr&#233;s avec qui il lui arrive de vivre, leur vendant des beignets, hantant les caf&#233;s maures, les bistrots, tous les lieux o&#249; l'on t&#226;che de 87 s'&#233;tourdir et de prendre du bon temps, il a des compagnons de plaisir ou de mis&#232;re, provoque des attachements fervents, et au milieu de tout cela tra&#238;ne une incurable solitude int&#233;rieure. Aucun lieu, aucun &#234;tre n'arrive &#224; l'attacher vraiment. Il est l'&#233;ternel errant, toujours &#224; la veille d'un d&#233;part qui parfois ressemble &#224; une fuite. Il vivra ainsi toute sa vie entre Ichra&#239;ouen, Alger, B&#244;ne, Skikda, Blida, Tunis, buvant, aimant, se droguant, mais par-dessus tout magnifiant ou purgeant tout cela du don de po&#233;sie. La po&#233;sie c'est plus que sa justification, sa raison d'&#234;tre. Il versifie comme il respire, sans recherche apparente, comme si c'&#233;tait sa mani&#232;re &#224; lui d'exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait paraissait si surprenant que d&#233;j&#224; du vivant du po&#232;te &#224; la fois de ceux qui l'&#233;coutaient en avait donn&#233; une explication miraculeuse. Un jour dit-on, qu'il &#233;tait au bord d'une source, un Ange lui apparut qui demanda de choisir un des termes de cette alternative : &#171; parle et je ferai les vers, ou fais les vers et je parlerai. Je parlerai, dit le po&#232;te, tu feras les vers &#187;. Et c'est depuis ce jour que tout ce qu'il veut dire vient sur ses l&#232;vres sous la forme du vers. Il a clos sa vie comme on termine un beau po&#232;me. Vieilli, malade, sans doute us&#233; par tous les exc&#232;s il sentait venir la mort avec horreur. Il d&#233;cida d'aller &#224; pied jusqu'&#224; Tunis revoir tous les lieux qu'il avait aim&#233;s, A son retour il termina son p&#233;riple par une visite au plus grand saint de la Kabylie d'alors, le Cheikh Mohand de Taka. C'&#233;tait la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me lucide, hautain et pitoyable &#224; la fois par lequel le grand p&#233;cheur implora la b&#233;n&#233;diction du grand saint, suscita l e d&#233;lire proph&#233;tique du Cheikh qui se leva et par trois fois cria le nom de Dieu : Allah ! &#171; Comment dis-tu, mon fils ? R&#233;p&#232;te ce que tu viens de dire &#187; ; Mais le po&#232;te avait jadis fait v&#339;u de ne jamais r&#233;p&#233;ter deux fois le m&#234;me po&#232;me. &#171; Va, dit le cheikh, que la mort te trouve loin de ton foyer &#187;. De foyer il y avait longtemps que Mohand n'en avait plus. N&#233;anmoins la mal&#233;diction du saint s'accomplit et c'est dans un lit d'h&#244;pital que le po&#232;te trouva la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut enterr&#233; pr&#232;s de Michelet au &#171; Cimeti&#232;re des exil&#233;s &#187; o&#249; rien ne distingue des autres les dalles les schistes gris de sa tombe. Dans le parler berb&#232;re de Kabylie po&#233;sie se dit : asefrou qui &#233;tymologiquement veut dire : &#233;claircissement, solution. La po&#233;sie de Si Mohand r&#233;pond parfaitement &#224; cette d&#233;finition. Les autres ne savent pas lire en eux-m&#234;mes, quelquefois m&#234;me sur les coins d'ombre o&#249; d'ordinaire on ne descend pas ; D'abord il a conscience que la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne a subi non pas un changement &#233;pisodique ou superficiel mais une v&#233;ritable mutation. Le changement de si&#232;cle n'est que le symbole d'une r&#233;volution plus essentielle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous voici au XIV&#232;me si&#232;cle Le XIII&#232;me est fini Esprit avis&#233; pr&#234;te l'oreille et comprends Ce si&#232;cle stup&#233;fie qui fait le bonheur des chiens Et qui vous a bris&#233;s, enfants de Dieu ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles conditions d'existence sont une illustration de la d&#233;ch&#233;ance : Le paysan est devenu m&#233;tayer ou ouvrier agricole Ils vont de ferme en ferme se pr&#233;senter aux portes Kabyles et Arabes m&#234;l&#233;s Et les porcs (les colons) de se gaver de rire Tous les r&#244;les sont renvers&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les charognards ont le pouvoir et les aigles sont exil&#233;s&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; ce si&#232;cle appartient aux marchands vils qui s'avilissent L'un l'autre Et nous pr&#234;tent l'argent &#224; usure &#187;.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au renversement des r&#244;les correspond une angoissante perversion des valeurs : &lt;i&gt;&#171; Morte est la v&#233;rit&#233; en ce pays&#8230;. Je jure de ne plus fr&#233;quenter les hommes de ce pays Qui ont tant de foi et pas de principes &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le si&#232;cle, le pays, le monde entier est victime D'une &#233;norme maldonne Car le Dieu qui fait vivre et mourir&#8230; En tout lieu a fait des partages affligeants ; Il a fait le bonheur de l'esclave et jet&#233; les sages au rebut&#8230; Les uns sont heureux et avares de ce qu'ils ont D'autres mangent le feu Et d&#233;sesp&#232;rent de rien avoir jamais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de l'accident historique d'un si&#232;cle et d'un peuple. Si Mohand a tir&#233; l'universelle expression de la condition humaine. Le po&#232;te en effet ne s'en tient pas &#224; une description des choses en surface. Il tente avec des succ&#232;s divers mais toujours une absolue sinc&#233;rit&#233; de descendre jusqu'au fond. Les antinomies inacceptables &#224; sa raison ou &#224; sa sensibilit&#233;, auxquelles il but&#233; toute sa vie, sont celles m&#234;mes de la vie de tous les hommes. Il s'y d&#233;bat et n'en triomphe pas toujours, aussi bien n'est-ce pas son r&#244;le ; mais il ne triche jamais avec la v&#233;rit&#233;. Il vient de d&#233;noncer l'insupportable scandale du bonheur. Il va exposer celui du mal avec une &#233;gale franchise. Pourquoi la bonne volont&#233; est-elle quelquefois inefficace ? Quelle puissance incoercible et mauvaise pousse au mal des volont&#233;s pourtant r&#233;solues &#224; bien faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je sais la voie&#8230; et la fuis &#187; Oui mais &#171; Quiconque me bl&#226;me qu'il soit sans pardon C'est au c&#339;ur qu'est ma blessure Je cherche les plaisirs par d&#233;fi C'est que la passion gauchit ma volont&#233; Et non que je sois pervers Nul n'a le m&#233;rite de ses vertus &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mis&#232;re de notre condition, Si Mohand ne s'est pas content&#233; de la crier, il a tent&#233; aussi d'en sortir, ne f&#251;t-ce qu'en la rendant perm&#233;able &#224; votre raison. Il y a l'explication islamique orthodoxe de la volont&#233; &#224; la fois toute puissante et imp&#233;n&#233;trable de Dieu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les dessins de Dieu s'accomplissent Il comble et il &#233;prouve Nul n'est le ma&#238;tre de son dessin &#171; Tu est le dispensateur Tu fais vivre et mourir &#187;. Il a aussi par &#224;-coups le recours classique &#224; la pri&#232;re. &#224; Dieu m&#234;me : &#171; Toi mon Dieu, Tu vois tout Tu sais qui est dans la peine C'est de toi que j'attends secours &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou &#224; ses saints :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Prince du pays Amraoua Seigneur Baloua A l'&#233;tendard redoutable Je suis malade, donne moi le rem&#232;de &#187;&lt;/i&gt;. D'autre fois, c'est, moins conventionnellement, la r&#233;volte contre les hommes : &lt;i&gt;&#171; Je jure que ni dans la ville, ne dans la for&#234;t Nul d'eux ne me commandera Je briserai mais je ne plierai pas Dans un pays o&#249; les chefs sont les prox&#233;n&#232;tes Si l'exil m'est pr&#233;destin&#233; Vienne l'exil Mais pas la loi des porcs &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois m&#234;me contre Dieu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dieu d'affliction&lt;/i&gt;&#8230;. Ou bien &#171; &lt;i&gt;Dieu cette fois est pris Je vis l'attaquer en justice Et me dresser devant lui au Tribunal &lt;/i&gt; &#187;. Mais plus encore que tout cela, le moyen souverain qu'aura Mohand, celui qui le l'avait de toues ses mis&#232;res et constitua sa raison de vivre ce fut sa po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier po&#232;me qu'il composa jamais sonne comme un cri de triomphe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette fois je vais entamer le po&#232;me Plaise &#224; Dieu qu'il soit beau Et s'en aille parcourant les plaines Quiconque l'entendra l'&#233;crira Et ne l'oubliera plus ; L'esprit avis&#233; en comprendra le sens &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La certitude tranquille de Si Mohand s'est v&#233;rifi&#233;e. Il est devenu le po&#232;te de tous : des adolescents, des sages, de ceux qui souffrent ou m&#234;me tout simplement de ceux qui vivent. Car la conception que se faisait de la po&#233;sie la soci&#233;t&#233; o&#249; il avait vu le jour est diff&#233;rente de l'id&#233;e qu'en ont les modernes occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle pr&#233;sentement de &#171; po&#232;tes maudits &#187; et il peut &#234;tre tendant de compter Mohand parmi eux. Rien ne serait plus faux. On consid&#233;rait que le don de la po&#233;sie exemptait le po&#232;te des conventions convenues, que ce qui chez un autre serait d&#233;pravation peut &#234;tre chez lui condition de cr&#233;ation, voire simplement d'existence. Il y a l&#224; deux interpr&#233;tations tout &#224; fait diff&#233;rentes mais c'est une conception digne d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e que celle qui fait de po&#233;sie synonyme de lib&#233;ration (lib&#233;ration du po&#232;te et par voie de cons&#233;quence celle de ses auditeurs) et qui au cr&#233;ateur demande plus l'authenticit&#233; de la voix 92 que le conformisme du propos et en quelque sorte subordonne en lui d&#233;lib&#233;r&#233;ment la qu&#234;te de v&#233;rit&#233; au souci de morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait int&#233;ressant de voir si en d'autres cultures la m&#234;me conception, ou une conception semblable, se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Si Mohand a-t r&#233;alis&#233; dans sa po&#233;sie ce destin des grands po&#232;tes qui est d'&#234;tre tout de m&#234;me coup nationaux et humains. Il a r&#233;solu cette proposition qui n'est dilemme qu'en apparence : il a &#233;t&#233; po&#232;te national, parce que son exp&#233;rience, ses sentiments, sa po&#233;sie sont profond&#233;ment ancr&#233;s dans la vie du peuple alg&#233;rien. Mais il a &#233;t&#233; en m&#234;me temps po&#232;te universel parce que de la peinture d'un destin particulier i la fait image de l'humaine condition. En lui chacun des deux termes &#233;tais l'autre, le premier conf&#233;rant &#224; ses vers l'accent de v&#233;rit&#233; qui entra&#238;ne l'adh&#233;sion, le second leur donnant la r&#233;sonance qui fait que chacun de nous, m&#234;me &#224; travers les infid&#233;lit&#233;s et les d&#233;ficiences d'une traduction, se sent enti&#232;rement concern&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;In Culture savante, Culture v&#233;cue &lt;br class='autobr' /&gt;
Mouloud Mammeri&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Extraits des cahiers de Mohand Said Lechani</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le plus les dialectes berb&#232;res, c'est sans contredit leur refus de mourir. Jamais ils ne se sont r&#233;sign&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Faisant unit&#233; avec l'&#226;me m&#234;me des habitants qui les parlent, ont r&#233;sist&#233; &#224; tous les assauts. M&#234;me dans les r&#233;gions qui ont subi en permanence les occupations s&#233;culaires des &#233;trangers, m&#234;me lorsque les populations ont adopt&#233; la langue des occupants, ces dialectes ont pu survivre envers et contre tous, sous des formes vari&#233;es. Soit qu'ils aient oblig&#233; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH86/mohand_said_lechani-e3072.png?1776164910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le plus les dialectes berb&#232;res, c'est sans contredit leur refus de mourir. Jamais ils ne se sont r&#233;sign&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Faisant unit&#233; avec l'&#226;me m&#234;me des habitants qui les parlent, ont r&#233;sist&#233; &#224; tous les assauts. M&#234;me dans les r&#233;gions qui ont subi en permanence les occupations s&#233;culaires des &#233;trangers, m&#234;me lorsque les populations ont adopt&#233; la langue des occupants, ces dialectes ont pu survivre envers et contre tous, sous des formes vari&#233;es. Soit qu'ils aient oblig&#233; les mots &#233;trangers &#224; adopter les formes de leur moule linguistique, soit qu'ils aient impos&#233; leur survivance sur le terrain, en toponymie par exemple [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aire g&#233;ographique du berb&#232;re reste encore aujourd'hui ce qu'elle &#233;tait autrefois. L'&#226;me des habitants n'a pas chang&#233; non plus. C'est tout juste si, par endroits, elle s'est couverte d'un vernis &#233;tranger qui a tent&#233; de l'&#233;touffer. Mais d&#232;s qu'on gratte un peu, on la retrouve telle qu'elle &#233;tait i y a des si&#232;cles [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments humains &#233;trangers minoritaires qui sont demeur&#233;s chez nous ont tous &#233;t&#233; assimil&#233;s par le pays. Ils se sont fondus dans notre peuple et font corps avec lui et ont perdu tout caract&#232;re distinctif [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire kabyle est suffisamment riche&lt;br class='autobr' /&gt;
pour permettre l'expression de la pens&#233;e et des sentiments avec nuance et pr&#233;cision. Il faut entendre les vieux montagnards de chez nous - ceux en particulier qui ne se sont jamais expatri&#233;s ou qui ne s'absentent que rarement du pays - pour se rendre compte de la richesse de notre langue, de son &#233;l&#233;gance remarquable, de la souplesse de sa syntaxe, de la vari&#233;t&#233; de ses formes, de la sagesse et de la po&#233;sie de ses expressions [...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cahiers &lt;br class='autobr' /&gt;
Mohand Said Lechani&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kanouns appliqu&#233;s en Kabylie</title>
		<link>https://nedjma.org/Kanouns-appliques-en-Kabylie</link>
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		<dc:date>2025-10-17T04:55:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En fait la d&#233;mocratie kabyle joint l'extr&#234;me rudesse &#224; l'extr&#234;me simplicit&#233;. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de prendre connaissance d'un extrait des kanouns appliqu&#233;s au si&#232;cle dernier * dans un village de Grande-Kabylie : &lt;br class='autobr' /&gt;
La femme qui devient enceinte sans &#234;tre mari&#233;e est mise &#224; mort.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui est convaincu d'adult&#232;re paie 20 r&#233;aux et est chass&#233; du village.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui est convaincu de vol 3 fois est chass&#233; du village.
&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme qui ne fait pas ses pri&#232;res 3 fois de suite paie un r&#233;al.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH77/tajmaat-kabyle-2-53f10.jpg?1776164910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En fait la d&#233;mocratie kabyle joint l'extr&#234;me rudesse &#224; l'extr&#234;me simplicit&#233;. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de prendre connaissance d'un extrait des kanouns appliqu&#233;s au si&#232;cle dernier * dans un village de Grande-Kabylie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme qui devient enceinte sans &#234;tre mari&#233;e est mise &#224; mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui est convaincu d'adult&#232;re paie 20 r&#233;aux et est chass&#233; du village.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui est convaincu de vol 3 fois est chass&#233; du village.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme qui ne fait pas ses pri&#232;res 3 fois de suite paie un r&#233;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui viole le je&#251;ne du Ramadhan paie 3 r&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui frappe un individu en pr&#233;sence de sa femme, fille ou s&#339;ur, paie 5 r&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui se bat avec un homme malade, 1 r&#233;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui insulte une femme, 2 r&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme qui insulte un homme, 1 r&#233;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui ne plante pas 10 arbres dans l'ann&#233;e, 1 r&#233;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui incendie une r&#233;colte indemnise la victime et paie 50 r&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cas de guerre, celui qui demande l'aman paie 10 r&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La partie qui appelle &#224; son secours un autre village paie 100 r&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combattant qui passe &#224; l'ennemi paie 100 r&#233;aux pour rester dans le village.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Extrait du livre de Mouloud Feraoun,l'anniversaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cheikh Mohand, l'oralit&#233; et le Soufisme</title>
		<link>https://nedjma.org/Cheikh-Mohand-l-oralite-et-le-Soufisme</link>
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		<dc:date>2025-10-08T19:10:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'analyse anthropologique du parcours de Cheikh Mohand Ou Lhocine nous para&#238;t essentiel, car, comme l'affirme Mohamed Arkoun, &#171; Ceux qui se satisfont de la m&#233;moire arabophone du Maghreb ne per&#231;oivent pas combien la dispersion, la d&#233;sint&#233;gration et finalement l'effacement irr&#233;versible des m&#233;moires berb&#233;rophones ont entra&#238;n&#233; une mutilation grave de ce quon nomme l'identit&#233; maghr&#233;bine &#187;. Cheikh Mohand Ou Lhocine (1838 - 1901) a &#233;t&#233; l'un des repr&#233;sentants de la Grande Kabylie aupr&#232;s de la Tariqa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH113/planche_cix_muhend-725d5.png?1776164910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'analyse anthropologique du parcours de Cheikh Mohand Ou Lhocine nous para&#238;t essentiel, car, comme l'affirme Mohamed Arkoun, &#171; Ceux qui se satisfont de la m&#233;moire arabophone du Maghreb ne per&#231;oivent pas combien la dispersion, la d&#233;sint&#233;gration et finalement l'effacement irr&#233;versible des m&#233;moires berb&#233;rophones ont entra&#238;n&#233; une mutilation grave de ce quon nomme l'identit&#233; maghr&#233;bine &#187;. Cheikh Mohand Ou Lhocine (1838 - 1901) a &#233;t&#233; l'un des repr&#233;sentants de la Grande Kabylie aupr&#232;s de la Tariqa al-Rahmaniyya dirig&#233;e par Cheikh Aheddad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gende retient de Cheikh Mohand deux &#233;pisodes, celui de la fontaine et celui du b&#339;uf res&#173; suscit&#233;. Farida A&#239;t Ferroukh souligne que le premier, motif soufi qui v&#233;hicule les id&#233;es cl&#233;s de Baqa, &#171; la dur&#233;e &#187; et de Fana. &#171; l'ex&#173; tinction &#187;, le rattache &#224; la mystique. Au parcours du candidat &#224; l'initiation, se conjuguent &#224; la fois une conception populaire qui le consid&#232;re comme &#171; d&#233;sign&#233; &#187; et une qu&#234;te d'absolu o&#249; il appa&#173; ra&#238;t que les divers motifs de transmission sont soufis. A&#239;t Ferroukh recherche les traces du Soufisme dans les dires du Cheikh. Son incursion dans les textes reconstitu&#233;s par Mammeri lui a permis de d&#233;gager, d'une part, la r&#233;f&#233;rence explicite et implicite &#224; la mys&#173; tique musulmane, et d'autre part, d'identifer des termes sp&#233;cifi&#173; ques qui d&#233;c&#232;le &#171; un riche lexique du sacr&#233; et une pens&#233;e fortement enracin&#233;e &#187; [8]. Rappelons ici que m&#234;me durant le Moyen Age, le berb&#232;re est demeur&#233; une langue de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux berb&#233;rophones rencontraient des difficult&#233;s pour accomplir la pri&#232;re. Ainsi, l'&#233;l&#232;ve Tlemc&#233;nien de B&#233;ja&#239;a, Abu al-Qasim al-Uqbani (1321 - 1409), f&#251;t interrog&#233; sur les gens qui invoquent Dieu (Du'a) en berb&#232;re. Il r&#233;pondit que cela est autoris&#233;, car Dieu sait toutes les langues (cf. Fatwa d'al-Uqbani, dans al-Mi'yar. vol. I, pp. 186). Si aujourd'hui on reconna&#238;t &#224; la langue berb&#232;re une importan&#173;ce scientifique certaine, c'est parce que les berb&#233;rophones ont pu donner &#224; leur langue une grande puissance d'expression dans les domaines qu'ils ma&#238;trisent (cf. lettre de Lionel Galand &#224; Djamil A&#239;ssani, 1977.). C'est notamment le cas de la Mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce &#224; ce travail et aux progr&#232;s des sciences de l'homme et de la soci&#233;t&#233; depuis les ann&#233;es soixante qu'un second pas a pu &#234;tre fait. C'est dans ce contexte que Farida Ait Ferroukh a pu pr&#233;senter des analyses consacr&#233;es &#224; At-Rebbi, Taruhanit, Tirrubda, Taqbaylit, Tamusni,... Elle tente de saisir le sens des mots : A du, Asbagh, Aghewwet, Agraw, Aceggex, Taghrast,... [8].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Djamil Aissani&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Article de Jean Amrouche</title>
		<link>https://nedjma.org/Article-de-Jean-Amrouche</link>
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		<dc:date>2025-09-26T10:59:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Amrouche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'avais fait deux parts dans ma vie : l'une, offerte aux regards, se d&#233;ployait au grand jour des activit&#233;s professionnelles, tant&#244;t &#233;clatantes, tant&#244;t m&#233;diocres, ou dans l'intimit&#233; de la famille et des relations amicales ; l'autre, secr&#232;te, minait sourdement la premi&#232;re, la sous-tendait de je ne sais quoi d'inqui&#233;tant et d'obscur. Je jouais ma partie dans le monde, mais je vivais mon secret inavou&#233;&#8230; &#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sentais que ma vie ne m'appartenait pas, que je ne la vivais pas seulement pour mon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'avais fait deux parts dans ma vie : l'une, offerte aux regards, se d&#233;ployait au grand jour des activit&#233;s professionnelles, tant&#244;t &#233;clatantes, tant&#244;t m&#233;diocres, ou dans l'intimit&#233; de la famille et des relations amicales ; l'autre, secr&#232;te, minait sourdement la premi&#232;re, la sous-tendait de je ne sais quoi d'inqui&#233;tant et d'obscur. Je jouais ma partie dans le monde, mais je vivais mon secret inavou&#233;&#8230; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sentais que ma vie ne m'appartenait pas, que je ne la vivais pas seulement pour mon propre compte, mais &#224; celui d'une multitude &#224; qui, un jour marqu&#233; par le Destin d'un signe de sang, je servirais d'exemple. Tout ce que de moi je ne consommais pas au profit de l'apparence ext&#233;rieure, mais qui nourrissait une exp&#233;rience occulte, un savoir qui est nonsavoir, une mani&#232;re d'&#234;tre pour soi et de s'accro&#238;tre dans l'ombre, tout cela &#233;tait d&#233;di&#233;, offert depuis l'adolescence &#224; un peuple qui ne me connaissait pas, qui peut-&#234;tre ne me reconna&#238;trait pas et me jetterait aux chiens avec mon offrande&#8230; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais pas le droit de vivre ma vie pour moi seul, ou pour mes proches. En moi, et par moi, un peuple faisait l'essai de ses forces et de ses dons, affrontait la tentation historique et l'impossible. Ce que je pouvais obtenir de moi figurait la mesure de ce que chacun des miens, de ce que tout un peuple devaient pouvoir obtenir d'eux-m&#234;mes. Or il semblait que j'eusse, depuis l'enfance, oubli&#233; ce peuple, rompu avec ses traditions, perdu m&#233;moire de ses mythes capitaux, reni&#233; les pr&#233;ceptes et les canons qui r&#232;glent ses m&#339;urs. J'apprenais &#224; vivre &#224; la mani&#232;re de ses ma&#238;tres, de qui j'avais fait miens les h&#233;ros, les fables, les chansons et le langage, m'acharnant &#224; m'incorporer ses plus secr&#232;tes pratiques, m'exer&#231;ant &#224; nourrir mon &#226;me de la substance de leurs po&#232;tes les plus rares que j'invoquais comme mes intercesseurs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean Amrouche&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;ternel Jugurtha</title>
		<link>https://nedjma.org/L-eternel-Jugurtha</link>
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		<dc:date>2025-09-26T10:53:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Amrouche</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On reconna&#238;t d'abord Jugurtha &#224; la chaleur, &#224; la violence de son temp&#233;rament. Il embrasse l'id&#233;e avec passion ; il lui est difficile de maintenir en lui le calme, la s&#233;r&#233;nit&#233;, l'indiff&#233;rence, o&#249; la raison cart&#233;sienne &#233;chafaude ses constructions. Il ne conna&#238;t la pens&#233;e que militante et arm&#233;e pour ou contre quelqu'un. Il aper&#231;oit l'id&#233;e pure comme un &#233;clair au flanc de l'orage. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imagination : L'imagination aussit&#244;t s'en empare, lui donne une forme et l'exag&#232;re en vision. Priv&#233; de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#128274; Article Premium&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On reconna&#238;t d'abord Jugurtha &#224; la chaleur, &#224; la violence de son temp&#233;rament. Il embrasse l'id&#233;e avec passion ; il lui est difficile de maintenir en lui le calme, la s&#233;r&#233;nit&#233;, l'indiff&#233;rence, o&#249; la raison cart&#233;sienne &#233;chafaude ses constructions. Il ne conna&#238;t la pens&#233;e que militante et arm&#233;e pour ou contre quelqu'un. Il aper&#231;oit l'id&#233;e pure comme un &#233;clair au flanc de l'orage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination :&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imagination aussit&#244;t s'en empare, lui donne une forme et l'exa&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Berb&#232;res vus par Taos Amrouche </title>
		<link>https://nedjma.org/Les-Berberes-vus-par-Taos-Amrouche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://nedjma.org/Les-Berberes-vus-par-Taos-Amrouche</guid>
		<dc:date>2025-09-22T01:10:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; .&#8230; C'est l&#224; qu'ils [les chants] ont fleuri, dans le creux des vall&#233;es, au fond des gorges et des pr&#233;cipices, sur les cr&#234;tes neigeuses et en lisi&#232;re des for&#234;ts de ce pays farouche et follement &#233;pris d'ind&#233;pendance dont toute la longue et douloureuse histoire fut faite de luttes acharn&#233;es contre l'envahisseur et d'imparfaites soumissions. Car nul peuple au monde plus que ce vieux peuple berb&#232;re auquel se rattachent les Kabyles du Djurdjura et ceux du Rif, les Chaouias de l'Aur&#232;s, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Patrimoine-Kabyle-" rel="directory"&gt;Patrimoine Kabyle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH113/planche_taos_amrouche-5c1a6.png?1776164910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; .&#8230; C'est l&#224; qu'ils [les chants] ont fleuri, dans le creux des vall&#233;es, au fond des gorges et des pr&#233;cipices, sur les cr&#234;tes neigeuses et en lisi&#232;re des for&#234;ts de ce pays farouche et follement &#233;pris d'ind&#233;pendance dont toute la longue et douloureuse histoire fut faite de luttes acharn&#233;es contre l'envahisseur et d'imparfaites soumissions. Car nul peuple au monde plus que ce vieux peuple&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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