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		<title>Ibn t&#251;mart</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le r&#233;cit que nous allons faire de la vie d'Ibn T&#251;mart est moins &#224; prendre pour argent comptant que comme partie int&#233;grante de l'id&#233;ologie imp&#233;riale almohade telle qu'elle a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e progressivement au XII et au XIII si&#232;cle, sans que cela exclue pourtant la possibilit&#233; de l'existence historique de certains &#233;l&#233;ments concrets. En tout &#233;tat de cause, notre propos n'est pas de conna&#238;tre et de pr&#233;senter la vie authentique du Mahd&#238; Ibn T&#251;mart, mais de bien d&#233;crire ce que les historiens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-L-unification-du-Maghreb-par-les-Almohades-" rel="directory"&gt;L'unification du Maghreb par les Almohades&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;cit que nous allons faire de la vie d'Ibn T&#251;mart est moins &#224; prendre pour argent comptant que comme partie int&#233;grante de l'id&#233;ologie imp&#233;riale almohade telle qu'elle a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e progressivement au XII et au XIII si&#232;cle, sans que cela exclue pourtant la possibilit&#233; de l'existence historique de certains &#233;l&#233;ments concrets. En tout &#233;tat de cause, notre propos n'est pas de conna&#238;tre et de pr&#233;senter la vie authentique du Mahd&#238; Ibn T&#251;mart, mais de bien d&#233;crire ce que les historiens anglo-saxons appellent un narrative, une histoire telle qu'elle est commun&#233;ment admise par une soci&#233;t&#233; et ses &#233;pigones. e&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA FORMATION &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ibn T&#251;mart serait n&#233; entre 1076 et 1082. Issu de la tribu berb&#232;re des Harga, qui appartient au groupe des Masm&#251;da, Ibn T&#251;mart aurait &#233;tudi&#233; &#224; Cordoue, puis en Orient, entre autres aupr&#232;s du grand mystique al Ghaz&#226;l&#238; (m. 1111). Il aurait puis&#233; le savoir aux plus c&#233;l&#232;bres sources de l'&#233;poque, parfois &#224; l'encontre de la chronologie. En g&#233;n&#233;ral les historiens acceptent l'id&#233;e du voyage, mais contestent la rencontre avec le c&#233;l&#232;bre savant oriental qui, &#224; cette &#233;poque, s&#233;journait au Khuras&#226;n. Devant l'impossibilit&#233; de trancher, nous rattacherons ce d&#233;tail, comme les suivants, au domaine du possible, sans nous inqui&#233;ter de leur authenticit&#233;, de leur plausibilit&#233; ou, au contraire, de leur caract&#232;re improbable, parce que, du point de vue narratif, ces &#233;l&#233;ments biographiques, reproduits avec quelques variantes par la plupart des chroniqueurs, rel&#232;vent de la matrice du mouvement almohade.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE R&#201;FORMATEUR &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De retour d'Orient, vers 1116-1117, Ibn T&#251;mart se serait pos&#233; en censeur &#171; sunnite &#187; des m&#339;urs, incarnant de mani&#232;re virulente le puritanisme &#224; composante asc&#233;tique qui avait la faveur des habitants des r&#233;gions rurales du Maghreb. D&#232;s 1120, il aurait reproch&#233; aux Almoravides leur corruption, leur h&#233;r&#233;sie et leur anthropomorphisme. Le point de d&#233;part du mouvement ne r&#233;side donc pas dans une aspiration d'origine g&#233;n&#233;alogique &#8216;alide ou dans une conception chiite de l'im&#226;mat, mais dans la r&#233;forme des m&#339;urs et des pratiques juridiques, ainsi que dans la contestation de la pratique almoravide du pouvoir, au nom d'une vision aust&#232;re et rigoriste des normes sociales d'une part, de l'autorit&#233; l&#233;gitime de l'autre. Devant les troubles provoqu&#233;s par Ibn T&#251;mart, l'&#233;mir r&#233;gnant, &#8216;Al&#238; b. Y&#251;suf b. Tashf&#238;n (1106-1143), r&#233;put&#233; pour sa pi&#233;t&#233;, et ses oul&#233;mas auraient &#233;mis le souhait de d&#233;battre de sa doctrine avec le trublion. Celui-ci, avis&#233; du danger qu'il encourrait &#224; accepter cette rencontre, se serait r&#233;fugi&#233; &#224; Ig&#238;l&#238;z, son hameau natal, pr&#232;s de Taroudant : c'est &#171; sa premi&#232;re h&#233;gire &#187;. L&#224;, devant ses partisans, il se serait proclam&#233;, et aurait &#233;t&#233; reconnu, &#171; guide &#187; (im&#226;m) et Mahd&#238;, manifestant ainsi des aspirations tant politiques que spirituelles et religieuses et organisant tout &#224; la fois ses troupes, la conqu&#234;te du pouvoir almoravide et le syst&#232;me id&#233;ologique du tawh&#238;d* (&#171; dogme de l'unicit&#233; &#187;). &#192; partir de l&#224;, Ibn T&#251;mart, accompagn&#233; d'une petite escorte, chercha &#224; r&#233;unir autour de lui les tribus masm&#251;da du Haut-Atlas occidental et de l'Anti-Atlas. Il dut faire face &#224; diff&#233;rentes exp&#233;ditions men&#233;es depuis Taroudant par le gouverneur almoravide du S&#251;s, qui, malgr&#233; des renforts venus de Marrakech, ne put emp&#234;cher la plus puissante tribu masm&#251;da, les Hint&#226;ta, de rejoindre la Cause (da&#8216;wa) almohade. Pourtant Ibn T&#251;mart et ses fid&#232;les ne purent s'emparer de la riche plaine du S&#251;s, grande productrice de sucre. Ils parvinrent cependant &#224; se rallier une partie de la conf&#233;d&#233;ration des Hask&#251;ra qui contr&#244;laient la route de Sijilm&#226;ssa. &#192; la suite d'une blessure re&#231;ue au cours des combats qui &#233;maill&#232;rent cette p&#233;riode, Ibn T&#251;mart renon&#231;a &#224; diriger personnellement ses troupes, laissant ce soin &#224; d'autres, en particulier &#224; &#8216;Abd All&#226;h b. Muhsin al Wanshar&#238;s&#238;, surnomm&#233; al-Bash&#238;r.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE CHEF POLITIQUE ET RELIGIEUX &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un second temps, vers 1124, devant la pression almoravide, Ibn T&#251;mart se serait r&#233;fugi&#233; dans le Sud marocain, &#224; Tinm&#226;l, qui allait devenir le berceau et la premi&#232;re capitale du mouvement almohade : c'est la &#171; seconde h&#233;gire &#187;. &#192; partir de cette date, Ibn T&#251;mart a tous les attributs du Mahd&#238; : &#171; guid&#233;/guidant &#187; et &#171; infaillible &#187;, il devient le th&#233;oricien dans le domaine religieux du pouvoir qu'il met en place dans la sph&#232;re politique. C'est de cette localit&#233; montagnarde, Tinm&#226;l, qu'Ibn T&#251;mart lance ses fid&#232;les &#224; l'assaut de la puissance almoravide&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Histoire du Maghreb m&#233;di&#233;val XI-XV si&#232;cle&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Buresi&lt;br class='autobr' /&gt;
Mehdi Ghouirgate&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La lutte contre les Almoravides</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans l'affrontement de deux d&#233;cennies qui opposa Almohades et Almoravides, le butin joua un r&#244;le essentiel. En 1126, face aux incursions que les Almohades lan&#231;aient depuis les vall&#233;es de l'Atlas, les Almoravides dot&#232;rent Marrakech d'une enceinte et renforc&#232;rent de nombreuses forteresses pour emp&#234;cher leurs ennemis de s'emparer de la plaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
2.1. LA R&#201;VOLTE DU HAUT-ATLAS &lt;br class='autobr' /&gt; Contenus plusieurs ann&#233;es dans leur bastion de l'Atlas et frustr&#233;s de ne parvenir &#224; &#233;tendre leur pouvoir, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-L-unification-du-Maghreb-par-les-Almohades-" rel="directory"&gt;L'unification du Maghreb par les Almohades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'affrontement de deux d&#233;cennies qui opposa Almohades et Almoravides, le butin joua un r&#244;le essentiel. En 1126, face aux incursions que les Almohades lan&#231;aient depuis les vall&#233;es de l'Atlas, les Almoravides dot&#232;rent Marrakech d'une enceinte et renforc&#232;rent de nombreuses forteresses pour emp&#234;cher leurs ennemis de s'emparer de la plaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.1. LA R&#201;VOLTE DU HAUT-ATLAS &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contenus plusieurs ann&#233;es dans leur bastion de l'Atlas et frustr&#233;s de ne parvenir &#224; &#233;tendre leur pouvoir, les Almohades proc&#233;d&#232;rent &#224; ce que les sources appellent la &#171; s&#233;lection &#187; (tamy&#238;z), en fait l'&#233;limination par les tribus elles-m&#234;mes de leurs membres les moins motiv&#233;s ; une fois accompli cette &#233;puration, dont les victimes se compt&#232;rent vraisemblablement en milliers, les Almohades pass&#232;rent &#224; l'offensive, et vainquirent les troupes almoravides sur le plateau du K&#238;k, s'emparant de la ville d'Aghm&#226;t et s'ouvrant ainsi le chemin de Marrakech. Apr&#232;s ces succ&#232;s encourageants, les Almohades subirent une lourde d&#233;faite en 1128, sous les murs de Marrakech, lors de la bataille dite de la Buhayra, face &#224; la garnison locale, renforc&#233;e par des troupes du nord du Maghreb Extr&#234;me et par des soldats hamm&#226;dides venus de Bougie pr&#234;ter main forte &#224; l'&#233;mir almoravide. Une grande partie des premiers fid&#232;les d'Ibn T&#251;mart p&#233;rit au cours de cette bataille, et Ibn T&#251;mart lui-m&#234;me d&#233;c&#233;da quelques mois apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.2. &#8216;ABD AL-MU'MIN, PREMIER SUCCESSEUR D'IBN T&#219;MART (R. 1130-1163) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il fallut deux ou trois ans, selon les sources, &#224; &#8216;Abd al Mu'min (r. 1130-1163) pour s'imposer comme l'h&#233;ritier du Mahd&#238; Ibn T&#251;mart et pour prendre la t&#234;te du mouvement almohade, sans doute vers 1132. Revenant sur une ancienne tentative du Mahd&#238;, le premier calife almohade ordonna de prendre d'assaut la forteresse de Zagora (T&#226;z&#226;g&#251;rt).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif &#233;tait de s'emparer des esclaves qui y &#233;taient rassembl&#233;s pour fournir des pages &#224; ses compagnons et pour disposer, sur le mod&#232;le almoravide, d'une force d'appoint compos&#233;e d'esclaves africains. Ceux-ci re&#231;urent le nom d'&#171; esclaves de l'&#201;tat &#187; (&#8216;ab&#238;d al makhzan), et furent plac&#233;s sous les ordres d'anciens esclaves noirs eux aussi, mais partisans de longue date du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.3. LA CAMPAGNE DE SEPT ANS (1140-1147) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tirant les le&#231;ons de la d&#233;route de la Buhayra et de l'impossibilit&#233; de vaincre la cavalerie des mercenaires chr&#233;tiens, dirig&#233;s par le noble catalan Reverter pour les Almoravides, les Almohades &#233;vit&#232;rent dor&#233;navant les batailles frontales et d&#233;cid&#232;rent d'isoler Marrakech, en &#233;vitant la plaine et en longeant les pi&#233;monts du Haut et du Moyen Atlas. Cette strat&#233;gie est d&#233;sign&#233;e, dans les sources, comme la &#171; campagne de sept ans &#187;, de 1140 &#224; 1147. Les Almohades commen&#231;aient par s'assurer la collaboration des populations locales, auxquelles &#8216;Abd al-Mu'min promettait chaque fois d'abolir les taxes extra-coraniques, tr&#232;s mal per&#231;ues, puis ils attaquaient les forteresses fid&#232;les &#224; Marrakech, comme la Qal&#8216;a du Faz&#226;z ou T&#226;dl&#226;. La strat&#233;gie d'&#233;vitement des grandes batailles et la guerre de razzia permirent aux Almohades de vaincre et supprimer de nombreuses troupes almoravides, isol&#233;es au pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre d'usure allait porter ses fruits. Les Almohades purent progressivement s'assurer la ma&#238;trise du Haut-Atlas central et du Moyen Atlas, mena&#231;ant ainsi directement F&#232;s et Mekn&#232;s. L&#224; encore, ils &#233;vit&#232;rent la plaine, gagnant d'abord &#224; leur cause la tribu des Ghum&#226;ra, coupant les communications avec la r&#233;gion du D&#233;troit de Gibraltar et obligeant les garnisons almoravides &#224; rester cantonn&#233;es dans les ch&#226;teaux de Ban&#251; T&#226;wd&#226; et d'Amarg&#251;. La flotte almoravide, pourtant r&#233;put&#233;e sous le commandement de l'amiral Ibn Maym&#251;n, &#233;tait inutile dans ces combats terrestres. De plus, en al-Andalus, S&#233;ville et Cordoue, ainsi que des r&#233;gions enti&#232;res comme l'Algarve, sentant le pouvoir almoravide vaciller, se r&#233;volt&#232;rent ; quant aux royaumes chr&#233;tiens ib&#233;riques, ils profit&#232;rent des troubles pour avancer vers le sud en s'emparant de Tortose, de Lisbonne et d'Almer&#237;a.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.4. LA CONQU&#202;TE DES VILLES DU MAGHREB EXTR&#202;ME
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Almohades port&#232;rent alors leurs efforts sur la trou&#233;e de Taza, point de passage &#224; l'est entre le Maghreb Extr&#234;me et le Maghreb Central, ainsi que sur le R&#238;f oriental, o&#249; ils conquirent la plupart des ports, tels Hoceima et Melilla. D&#232;s 1144, les Almohades parvinrent &#224; d&#233;tacher certaines tribus z&#233;n&#232;tes du pouvoir almoravide, d'abord en capturant des otages, puis en les int&#233;ressant au partage du butin. Les Gazz&#251;la furent les premiers &#224; faire d&#233;fection. En outre les Almohades parvinrent &#224; &#233;liminer la cavalerie chr&#233;tienne de Reverter, apr&#232;s l'avoir isol&#233;e du reste de l'arm&#233;e de T&#226;shf&#238;n (1143-1145), et ils d&#233;firent une troupe hamm&#226;dide, dans le massif montagneux surplombant Tlemcen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accul&#233; et abandonn&#233; par ses g&#233;n&#233;raux, l'&#233;mir almoravide T&#226;shf&#238;n se retrancha avec quelques proches dans la forteresse d'Oran o&#249; il mourut alors qu'il tentait de s'enfuir. D&#233;moralis&#233;s par la mort de leur souverain, de nombreux chefs militaires almoravides chang&#232;rent alors de camp, tels l'amiral Ibn Maym&#251;n, Anagm&#226;r ou al-H&#226;jj at-Takr&#251;r&#238; al-Gn&#226;w&#238;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces d&#233;fections acc&#233;l&#233;r&#232;rent la d&#233;sagr&#233;gation du pouvoir almoravide. Les sources attribuent d'ailleurs la prise de F&#232;s, la plus importante des cit&#233;s du Maghreb, &#224; la trahison du mushr&#238;f*, l'intendant charg&#233; des affaires financi&#232;res de la r&#233;gion, Ibn al-Jay&#226;n&#238;, qui conserva son poste sous les nouveaux ma&#238;tres. Apr&#232;s les conqu&#234;tes de F&#232;s, de Mekn&#232;s, de Tlemcen, de Ceuta et de Sal&#233;, la seule ville demeur&#233;e fid&#232;le aux Almoravides fut Marrakech. Mais, coup&#233;e des derniers contingents almoravides d'al Andalus et des plaines atlantiques qui lui fournissaient les c&#233;r&#233;ales n&#233;cessaires &#224; son ravitaillement, elle ne r&#233;sista pas longtemps au si&#232;ge pour lequel les Almohades avaient fait &#233;difier sur les hauteurs du Gu&#238;l&#238;z un camp fortifi&#233;, v&#233;ritable ville concurrente avec ses remparts et sa mosqu&#233;e dot&#233;e d'un minaret.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La conqu&#234;te de Marrakech racont&#233;e &#224; la premi&#232;re personne, al-Baydhaq (XII si&#232;cle)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#192; la nouvelle de l'arriv&#233;e des Almohades, les habitants de Marrakech sortirent &#224; leur rencontre. Cela se passait en 1147. Le combat se poursuivit entre eux et nous pendant quatre jours. Ish&#226;q b. Yint&#226;n, Muhammad b. Haww&#226;' et Muhammad b. Y&#226;nk&#226;la sortirent nous attaquer : c'&#233;taient leurs &#233;mirs les plus importants. Quant &#224; Ish&#226;q, le ma&#238;tre du pouvoir, c'&#233;tait un jeune enfant. Le cinqui&#232;me jour, ils sortirent encore pour nous attaquer et nous les d&#233;f&#238;mes, en les poursuivant jusqu'&#224; la porte de B&#226;b al-Shar&#238;&#8216;a [porte sud-ouest de Marrakech]. Un grand nombre d'ennemis fut tu&#233;. Apr&#232;s cet &#233;chec, ils se tinrent tranquilles dans la ville et personne ne vint plus nous attaquer, sauf Ibn Yint&#226;n. On lui envoya Agg-Wang&#238;, leur &#171; sultan &#187; qui s'&#233;tait soumis au pouvoir almohade ; Ish&#226;q b. Yint&#226;n se soumit alors et sortit de la ville avec ses partisans, qui se d&#233;clar&#232;rent Almohades. La ville resta bloqu&#233;e : personne n'y entrait ni n'en sortait. Le calife [&#8216;Abd al-Mu'min] fit fabriquer des &#233;chelles pour les adosser aux remparts et les partagea entre les tribus [qui mont&#232;rent &#224; l'assaut] ; les habitants essay&#232;rent de combattre, mais les Almohades parvinrent &#224; p&#233;n&#233;trer dans la ville. Avec leur &#233;chelle, les Hint&#226;ta et les gens de T&#238;nmallal entr&#232;rent du c&#244;t&#233; de B&#226;b Dukk&#226;la [porte nord de Marrakech] ; avec la leur, les Sanh&#226;ja et les &#171; esclaves de l'&#201;tat &#187; (&#8216;ab&#238;d al-makhzan) p&#233;n&#233;tr&#232;rent du c&#244;t&#233; de B&#226;b ad-Dabb&#226;gh&#238;n [porte est de Marrakech], les Hask&#251;ra et les Qab&#238;la du c&#244;t&#233; de B&#226;b Yint&#226;n [porte sud-est de Marrakech]. Ainsi Marrakech fut-elle conquise et prise par les armes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la conqu&#234;te de Marrakech, les Almohades s'install&#232;rent dans les anciens palais des dignitaires almoravides situ&#233;s &#224; l'ouest de la ville ; ils pardonn&#232;rent &#224; une partie des anciennes &#233;lites dirigeantes, mais ex&#233;cut&#232;rent tous les proches de la dynastie almoravide, en particulier le jeune &#233;mir almoravide, Ish&#226;q&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Histoire du Maghreb m&#233;di&#233;val XI-XV si&#232;cle&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Buresi&lt;br class='autobr' /&gt;
Mehdi Ghouirgate&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La construction de l'Empire</title>
		<link>https://nedjma.org/La-construction-de-l-Empire</link>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'accession au pouvoir et la conqu&#234;te de Marrakech transformaient l'insurrection almohade en syst&#232;me &#233;tatique. La convergence des oppositions aux Almoravides et les alliances tactiques qui avaient permis la victoire se d&#233;firent alors. Chacun chercha &#224; tirer profit de la disparition du pouvoir central almoravide. Les Almohades durent ainsi faire face &#224; une s&#233;rie de r&#233;voltes qui firent chanceler leur pouvoir dans la majeure partie du Maghreb. &lt;br class='autobr' /&gt;
3.1. LA PREMI&#200;RE &#171; CRISE DE CROISSANCE &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-L-unification-du-Maghreb-par-les-Almohades-" rel="directory"&gt;L'unification du Maghreb par les Almohades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accession au pouvoir et la conqu&#234;te de Marrakech transformaient l'insurrection almohade en syst&#232;me &#233;tatique. La convergence des oppositions aux Almoravides et les alliances tactiques qui avaient permis la victoire se d&#233;firent alors. Chacun chercha &#224; tirer profit de la disparition du pouvoir central almoravide. Les Almohades durent ainsi faire face &#224; une s&#233;rie de r&#233;voltes qui firent chanceler leur pouvoir dans la majeure partie du Maghreb.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.1. LA PREMI&#200;RE &#171; CRISE DE CROISSANCE &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#224; se r&#233;volter fut &#8216;Umar b. al-Khayy&#226;t un individu, sans doute originaire de Sal&#233;, plus connu sous le nom d'Ibn H&#251;d al-M&#226;ss&#238;. Depuis M&#226;ssa, ancien rib&#226;t cens&#233; devoir jouer un r&#244;le important le jour du jugement dernier, il r&#233;ussit &#224; f&#233;d&#233;rer de nombreuses tribus. Toute la plaine atlantique, le Moyen Atlas et une grande partie du Haut-Atlas reconnurent son autorit&#233;. En outre, un des principaux g&#233;n&#233;raux almoravides, Yahy&#225; Ibn al-Sahr&#226;wiyya, revint d'al-Andalus o&#249; il s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; pour tenter de restaurer le pouvoir d&#233;chu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines r&#233;gions d'al Andalus comme le Gharb reprirent leur ind&#233;pendance, et Ceuta, le port le plus important du D&#233;troit, se r&#233;volta sous la direction du charismatique Q&#226;d&#238; &#8216;Iy&#226;d, qui visait sans doute &#224; r&#233;tablir le malikisme. Au lieu de s'unir, les chefs de ces diff&#233;rentes r&#233;voltes, et les innombrables rebelles locaux, dont seuls les noms nous sont parvenus, se combattirent les uns les autres. En une ann&#233;e, gr&#226;ce &#224; la discipline acquise durant les deux d&#233;cennies de lutte contre les Almoravides, les Almohades parvinrent &#224; r&#233;tablir une situation qui paraissait d&#233;sesp&#233;r&#233;e. En 1148, ils vainquirent et tu&#232;rent Ibn H&#251;d al-M&#226;ssi et, en 1149, ils contraignirent Yahy&#225; Ibn al-Sahr&#226;wiyya &#224; se r&#233;fugier au Sahara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alternant violence et cl&#233;mence, &#8216;Abd al-Mu'min sut tirer parti de la division des opposants, mais il ne s'imposa finalement que par une r&#233;pression syst&#233;matique, dans le cadre de ce que les sources appellent la &#171; reconnaissance &#187; (al-i&#8216;tir&#226;f) [du nouveau pouvoir ou de la faute commise]. L'op&#233;ration s'inscrit dans la continuit&#233; du tamy&#238;z, l'&#233;puration interne men&#233;e par le Mahd&#238; Ibn T&#251;mart : une liste de personnes &#224; &#233;liminer &#233;tait fournie aux tribus ou rebelles vaincus, qui devaient se charger eux-m&#234;mes de l'ex&#233;cution. L'objectif &#233;tait de casser les solidarit&#233;s tribales au profit de l'autorit&#233; sup&#233;rieure et d'un id&#233;al supra tribal. C'est l&#224; une &#233;tape fondamentale dans le d&#233;veloppement de l'id&#233;e d'&#201;tat au Maghreb.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.2. LES ALMOHADES ET LA MER
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'importance accrue des &#233;changes maritimes, et donc du littoral, conduisit les souverains almohades &#224; s'int&#233;resser aux infrastructures navales et portuaires. Sur les bases d'un fort &#233;difi&#233; par T&#226;shf&#238;n b. &#8216;Al&#238; (1143-1145), &#8216;Abd al-Mu'min fit ainsi construire face &#224; Sal&#233;, de l'autre c&#244;t&#233; du Bou Regreg, une nouvelle ville appel&#233;e al-Mahdia (&#171; la ville du Mahd&#238; &#187;) et Rib&#226;t al-Fath (&#171; le rib&#226;t de la victoire &#187;), la future Rabat. En outre, dans les villes littorales de Safi, d'Azemmour, d'&#194;nfa, de Tanger et de Ceuta, des forteresses furent &#233;difi&#233;es pour le gouverneur, les fonctionnaires et la garnison, ainsi que des enceintes et des mosqu&#233;es monumentales. Cette politique urbaine et portuaire, bien &#233;tudi&#233;e par Christophe Picard, s'accompagna d'un effort sans pr&#233;c&#233;dent pour cr&#233;er dans les nouveaux arsenaux une flotte puissante. On a vu dans cette grande politique de construction navale la premi&#232;re cause de la d&#233;sertification du Maghreb, dont les for&#234;ts d'al-Ma&#8216;m&#251;ra (au nord de Sal&#233;) jusqu'au R&#238;f furent alors sur-exploit&#233;es. Cette orientation maritime du nouveau r&#233;gime contribua au dynamisme &#233;conomique des rivages de la M&#233;diterran&#233;e et de l'Atlantique, et permit d'assurer une certaine continuit&#233; territoriale de part et d'autre du D&#233;troit de Gibraltar, d'abord pour l'envoi des troupes destin&#233;es &#224; assurer la domination almohade sur al-Andalus, puis pour la circulation des biens et des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.3. LA CONQU&#202;TE DU MAGHREB CENTRAL &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant avant de se tourner vers la p&#233;ninsule Ib&#233;rique, &#8216;Abd al Mu'min porta ses efforts sur le Maghreb Central o&#249;, au milieu du XII si&#232;cle, le pouvoir hamm&#226;dide &#233;tait bien affaibli. En effet, depuis plusieurs d&#233;cennies, la principaut&#233; avait &#233;t&#233; &#233;branl&#233;e par l'arriv&#233;e des tribus arabes hil&#226;liennes qui dominaient l'int&#233;rieur du pays et consid&#233;raient l'&#233;mir hamm&#226;dide comme leur suzerain. Or, jusqu'&#224; la fin, les Hamm&#226;dides avaient apport&#233; leur soutien aux Almoravides dans leur lutte contre les Almohades. D&#233;cid&#233; &#224; les punir, &#8216;Abd al-Mu'min quitta Sal&#233;, en 1151-1152, &#224; la t&#234;te de ses troupes, en faisant croire qu'il partait en al-Andalus. Arriv&#233; dans la r&#233;gion de Ceuta, il surprit tout le monde en obliquant vers le Maghreb Central et en s'emparant d'Alger et de Bougie sans r&#233;sistance notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prince hamm&#226;dide, &#8216;Abd al-&#8216;Az&#238;z, s'&#233;tant enfui par mer d'abord &#224; B&#244;ne, puis &#224; Constantine, n&#233;gocia finalement sa reddition contre la vie sauve et un exil en r&#233;sidence surveill&#233;e &#224; Marrakech. &#8216;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Abd al-Mu'min appelle la population de Constantine &#224; se soumettre (27 ao&#251;t 1152), lettre r&#233;sum&#233;e par &#201;. L&#233;vi-Proven&#231;al &#171; Apr&#232;s avoir rappel&#233; comment Dieu a favoris&#233; la conqu&#234;te de la r&#233;gion orientale du Maghreb par les Almohades, le souverain informe ses correspondants qu'il a jug&#233; bon de leur &#233;crire afin de les inviter &#224; ce soumettre au r&#233;gime unitaire. Il les engage &#224; se h&#226;ter de r&#233;pondre par l'affirmative &#224; son invitation, et il leur montre les avantages mat&#233;riels et moraux qu'ils retireront de leur adh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il leur rappelle comment les anciens ma&#238;tres du pays, apr&#232;s avoir d&#233;daign&#233; les moyens de persuasion employ&#233;s pour les gagner &#224; la cause almohade, ont fini par subir le ch&#226;timent m&#233;rit&#233; pour leur impi&#233;t&#233;, leur aveuglement et leur empressement &#224; suivre les inspirations du d&#233;mon. Il leur expose ensuite la mani&#232;re digne d'&#233;loges dont s'est comport&#233; dans la r&#233;gion de Bougie r&#233;cemment conquise, le g&#233;n&#233;ral Ab&#251; Muhammad Maym&#251;n b. &#8216;Al&#238; b. Hamd&#251;n, qui a fait sa soumission. Auparavant d&#233;j&#224;, les talaba-s* almohades de Bougie et les commer&#231;ants avaient fait conna&#238;tre ses bonnes dispositions, que son adh&#233;sion au r&#233;gime a confirm&#233;es avec &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce g&#233;n&#233;ral, ainsi que son fr&#232;re, et tous leurs fils et proches parents sont maintenant pourvus de postes de choix. Pour en revenir aux destinataires eux-m&#234;mes, le souverain les exhorte vivement &#224; se soumettre et leur promet la sauvegarde. Leur pays a d&#251; subir dans le pass&#233; des imp&#244;ts ill&#233;gaux, gabelles (qabal&#226;t) et taxes (muk&#251;s et magh&#226;rim) de la part des mis&#233;rables qui y r&#233;gnaient et de leurs gouverneurs. Mais gr&#226;ce &#224; la r&#233;forme r&#233;alis&#233;e par le Mahd&#238;, cet &#233;tat des choses impie a &#233;t&#233; aboli, et les Almohades n'exigent de leurs sujets que des redevances fix&#233;es par la tradition (sunna), et non plus les taxes abusives que les anciens ma&#238;tres du pays avaient institu&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La principale r&#233;sistance militaire au Maghreb Central provint en fait des tribus arabes hil&#226;liennes, qui craignaient de perdre les avantages financiers et territoriaux que leur avaient conc&#233;d&#233;s les princes hamm&#226;dides de Bougie. Alors que &#8216;Abd al-Mu'min repartait vers Marrakech, elles se soulev&#232;rent, unies pour l'occasion, contre les garnisons almohades laiss&#233;es dans les villes, obligeant le calife &#224; faire demi-tour. Une rencontre d&#233;cisive eut lieu &#224; S&#233;tif en 1153. Elle se solda par la victoire des Almohades, qui pardonn&#232;rent aux vaincus et les engag&#232;rent pour combattre sur d'autres fronts, al-Andalus et l'Ifr&#238;qiya.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.4. L'IFR&#206;QIYA ET LES NORMANDS
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation dans cette derni&#232;re r&#233;gion &#233;tait confuse. En effet, d&#232;s 1134, profitant de l'affaiblissement du pouvoir ziride en Ifr&#238;qiya et de l'&#233;clatement du pouvoir central en de nombreux &#233;mirats* rivaux (Tunis, Gafsa, Gab&#232;s, Tripoli), les Normands de Sicile avaient occup&#233; l'&#238;le de Djerba, d'o&#249; ils avaient lanc&#233; des razzias sur tout le littoral de Djidjelli &#224; Tripoli, for&#231;ant les populations &#224; d&#233;serter la c&#244;te durant l'&#233;t&#233;. Les ports de Gab&#232;s, de Mahdia, de Sfax et de Sousse &#233;taient alors tomb&#233;s l'un apr&#232;s l'autre et avaient &#233;t&#233; pourvus de garnisons normandes qui ne s'int&#233;ressaient pas &#224; l'int&#233;rieur des terres mais uniquement au littoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallut plusieurs ann&#233;es aux Almohades pour organiser la conqu&#234;te. C'est en 1159 qu'une exp&#233;dition combin&#233;e, par voie de terre et par mer, fut lanc&#233;e, avec l'aide des tribus arabes qui luttaient d&#233;j&#224; sur place contre les Normands. Une flotte fut construite dans les ports occidentaux, pendant que des c&#233;r&#233;ales &#233;taient stock&#233;es dans des greniers souterrains dispos&#233;s sur l'itin&#233;raire des troupes. En effet la prise des ports fortifi&#233;s par les Normands impliquait un blocus maritime et terrestre ainsi qu'un si&#232;ge pour lequel des tours de si&#232;ge et des mangonneaux furent construits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance de l'arm&#233;e almohade et la coordination des forces conduisirent les dynasties issues de la dislocation du pouvoir ziride comme les Ban&#251; l Rand de Gafsa ou les Ban&#251; l-Khur&#226;s&#226;n de Tunis &#224; se soumettre, et entre 1159 et 1160, tous les ports sous domination normande pass&#232;rent aux Almohades. Ceux-ci avanc&#232;rent alors jusqu'en Cyr&#233;na&#239;que (Libye actuelle), &#224; la fronti&#232;re des territoires contr&#244;l&#233;s par les Fatimides d'&#201;gypte. Le plus grand Empire maghr&#233;bin sous une dynastie indig&#232;ne venait d'&#234;tre cr&#233;&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Histoire du Maghreb m&#233;di&#233;val XI-XV si&#232;cle&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Buresi&lt;br class='autobr' /&gt;
Mehdi Ghouirgate&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'administration de l'Empire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;4.1. L'H&#201;RITAGE PR&#201;SERV&#201; &lt;br class='autobr' /&gt; Non seulement les Almohades int&#232;grent dans leur administration un certain nombre de fonctionnaires de l'&#233;poque almoravide, mais ils conservent aussi les d&#233;coupages provinciaux ant&#233;rieurs : Sal&#233; et la province du Gharb (nord de la plaine atlantique), Ceuta et la zone du D&#233;troit, F&#232;s en partage avec Mekn&#232;s et la vaste r&#233;gion comprenant la plaine du Sebou, une partie du R&#238;f et du Moyen Atlas, Sijilm&#226;ssa et le Dar&#8216;a, plaque tournante du commerce transsaharien et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-L-unification-du-Maghreb-par-les-Almohades-" rel="directory"&gt;L'unification du Maghreb par les Almohades&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4.1. L'H&#201;RITAGE PR&#201;SERV&#201; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les Almohades int&#232;grent dans leur administration un certain nombre de fonctionnaires de l'&#233;poque almoravide, mais ils conservent aussi les d&#233;coupages provinciaux ant&#233;rieurs : Sal&#233; et la province du Gharb (nord de la plaine atlantique), Ceuta et la zone du D&#233;troit, F&#232;s en partage avec Mekn&#232;s et la vaste r&#233;gion comprenant la plaine du Sebou, une partie du R&#238;f et du Moyen Atlas, Sijilm&#226;ssa et le Dar&#8216;a, plaque tournante du commerce transsaharien et des relations avec les rois africains, Taroudant et la province du S&#251;s, enfin Marrakech &#224; la t&#234;te de l'ensemble et de la plaine atlantique, du T&#226;dl&#226; et du Haut-Atlas. Dans un premier temps, les gouverneurs furent choisis parmi les cheikhs, anciens compagnons du Mahd&#238; Ibn T&#251;mart et repr&#233;sentants des tribus ralli&#233;es, puis, &#224; partir de 1156, parmi les sayyid-s, c'est-&#224;-dire les fils de &#8216;Abd al-Mu'min. Au Maghreb Central, les Almohades confirm&#232;rent aussi Tlemcen dans son r&#244;le de capitale, et l&#224;, encore plus qu'ailleurs, ils reconduisirent les anciennes &#233;lites almoravides qui parvinrent &#224; se maintenir en cogestion avec les nouvelles autorit&#233;s jusqu'&#224; la prise de la ville par les &#8216;Abdelw&#226;dides, dans les ann&#233;es 1230. De m&#234;me, l'ancien royaume hamm&#226;dide devint un gouvernorat avec Bougie &#224; sa t&#234;te, et, en Ifr&#238;qiya, l'ancien territoire des Zirides fut transform&#233; en une province d'Empire, divis&#233;e en diff&#233;rents gouvernorats &#8211; Mahdia, Gafsa et Tripoli, par exemple &#8211;, Tunis dominant l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4.2. LE CONTR&#212;LE ET L'EXPLOITATION DES POPULATIONS &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour faire r&#233;gner l'ordre et percevoir l'imp&#244;t, les Almohades s'appuy&#232;rent syst&#233;matiquement sur des garnisons &#233;trang&#232;res au pays. Le plus souvent chr&#233;tiennes ou andalouses au Maghreb Extr&#234;me (Sijilm&#226;ssa, Mekn&#232;s ou F&#232;s) et masm&#251;da en Ifr&#238;qiya, elles r&#233;sidaient dans des forteresses urbaines. Le calife s'appuyait aussi sur les tribus alli&#233;es dans les r&#233;gions &#233;loign&#233;es de tout centre urbain important, comme les Hint&#226;ta dans le sud du Maghreb Extr&#234;me ou les Arabes Zughba au Maghreb Central.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le cadastrage du Maghreb par les Almohades (Yassir Benhima)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La soumission de l'ensemble du Maghreb par les Almohades apr&#232;s une longue et dure conqu&#234;te, fut consid&#233;r&#233;e comme justifiant un nouveau statut des terres. La conqu&#234;te almohade fut assimil&#233;e &#224; une nouvelle conqu&#234;te musulmane qui impliquait l'appropriation par le pouvoir de toutes les terres prises de force (&#8216;unwatan*). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouveau statut juridique fut ent&#233;rin&#233; par l'op&#233;ration du taks&#238;r : en 1159, toutes les terres du pays durent &#234;tre arpent&#233;es, depuis la Tripolitaine jusqu'&#224; N&#251;l ; apr&#232;s la d&#233;duction d'un tiers de la superficie, correspondant grossi&#232;rement aux terres non cultivables (incultes, montagnes, for&#234;ts, fleuves, lacs, voies et terres rocailleuses), le reste des terres fut soumis &#224; un imp&#244;t foncier (khar&#226;j*) dont le montant en nature et en esp&#232;ces fut pr&#233;cis&#233; pour chaque tribu. Ainsi, tout en se conformant &#224; leur engagement d'abolir les impositions ill&#233;gales, les Almohades parvinrent &#224; l&#233;gitimer cette nouvelle fiscalit&#233; qui, non seulement pouvait compenser les taxes ill&#233;gales, mais promettait de renflouer les caisses de l'&#201;tat avec d'inestimables sommes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette situation juridique nouvelle dota le pouvoir almohade d'une grande marge de man&#339;uvre pour orchestrer les d&#233;placements et les d&#233;portations des diff&#233;rentes formations tribales, pour proc&#233;der librement &#224; des concessions fonci&#232;res pour la r&#233;tribution de ses soldats et fonctionnaires, mais aussi pour pouvoir mettre en &#339;uvre une exploitation &#233;tatique intensive des richesses agricoles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En outre, pour fid&#233;liser les tribus alli&#233;es charg&#233;es d'assurer l'ordre et de percevoir l'imp&#244;t sur le plat-pays, les Almohades utilis&#232;rent l'iqt&#226;&#8216;* ou sahm, la concession fiscale. Un personnage, ou plus souvent un groupe, se voyait attribuer un territoire sur lequel il &#233;tait charg&#233; de pr&#233;lever les imp&#244;ts officiels, en &#233;change d'un service, le plus souvent militaire. Ce mode de r&#233;tribution des &#233;lites appara&#238;t en Orient avec les Seldjoukides. Il s'&#233;tendit au Maghreb oriental sous les Hamm&#226;dides qui en firent b&#233;n&#233;ficier certaines tribus hil&#226;liennes, et il fut finalement introduit au Maghreb Extr&#234;me et en al-Andalus par les Almohades. Comme en Orient, au moment des p&#233;riodes d'affaiblissement du pouvoir central, les tribus b&#233;n&#233;ficiant de ce type de concessions avaient tendance d'une part &#224; pressurer les populations, ce qui provoquait du m&#233;contentement, d'autre part &#224; monnayer toujours plus cher leurs services avec le pouvoir central. Outre qu'il grevait les recettes de l'&#201;tat, ce syst&#232;me entra&#238;nait en p&#233;riode de crise la perte de contr&#244;le de r&#233;gions enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4.3. LES R&#201;VOLTES PERMANENTES &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Empire almohade &#233;tait un ensemble politico-militaire tr&#232;s centralis&#233;. Le calife dirigeait personnellement les grandes exp&#233;ditions militaires, qui pouvaient mobiliser annuellement plusieurs dizaines de milliers de combattants. Or le souverain ne pouvait &#234;tre pr&#233;sent sur plusieurs fronts &#224; la fois, aussi le d&#233;placement de l'arm&#233;e califale dans une r&#233;gion conduisait presque in&#233;vitablement &#224; l'apparition de troubles dans une autre : pendant que &#8216;Abd al-Mu'min dirigeait la conqu&#234;te de l'Ifr&#238;qiya, al-Andalus subit les incursions d&#233;vastatrices des chr&#233;tiens du nord de la p&#233;ninsule Ib&#233;rique et des alli&#233;s d'Ibn Mardan&#238;sh. Alors que les Almoravides avaient tent&#233; de r&#233;soudre la difficult&#233; des fronts multiples en accordant une large autonomie aux diff&#233;rents gouverneurs provinciaux et en &#233;rigeant al-Andalus en quasi vice-royaut&#233;, les Almohades choisirent une autre option, celle des trait&#233;s de paix temporaires. Durant toute la p&#233;riode almohade, l'Ifr&#238;qiya et al-Andalus &#233;taient les deux fronti&#232;res les plus menac&#233;es de l'Empire, d'un c&#244;t&#233; par les tribus arabes et les troupes envoy&#233;es par les Fatimides du Caire jusqu'en 1171, puis par Saladin, de l'autre par les diff&#233;rents royaumes chr&#233;tiens ib&#233;riques. La centralisation extr&#234;me du pouvoir et le r&#244;le primordial jou&#233; par la personne du calife conduisirent donc les Almohades, avant d'attaquer un ennemi, &#224; signer des tr&#234;ves temporaires avec tous les autres. En outre, dans la p&#233;ninsule Ib&#233;rique, les Almohades nou&#232;rent une alliance structurelle avec la Navarre, qui n'entretenait aucune fronti&#232;re avec al-Andalus, et, &#224; partir des ann&#233;es 1170, avec le Le&#243;n, contre la Castille et l'Aragon. En revanche, en Ifr&#238;qiya, pour lutter efficacement contre les Ban&#251; Gh&#226;niya, le calife al-N&#226;sir (1199-1214) se vit contraint de donner de larges attributions au gouverneur de l'Ifr&#238;qiya, Ab&#251; Muhammad &#8216;Abd al W&#226;hid Ibn Ab&#238; Hafs al-Hint&#226;t&#238;, alors qu'il n'&#233;tait m&#234;me pas un membre de la famille mu'minide, en le mettant de facto &#224; l'abri du jeu des nominations et des destitutions. Les gouverneurs provinciaux n'acquirent en fait une certaine ind&#233;pendance dans l'Empire, qu'apr&#232;s la d&#233;faite almohade de Las Navas de Tolosa, en 1212. Outre les menaces &#233;trang&#232;res pesant sur les fronti&#232;res orientales et septentrionales, les Almohades durent faire face &#224; de nombreux troubles dans les confins sahariens du Maghreb Extr&#234;me et de l'Ifr&#238;qiya. Ces r&#233;voltes mettent en lumi&#232;re la difficult&#233; du d&#233;veloppement des structures &#233;tatiques dans les zones de nomadisme. Cela &#233;tait d'autant plus probl&#233;matique que le commerce transsaharien jouait un grand r&#244;le dans l'&#233;conomie de l'Empire. Dans ces territoires du sud de l'Anti-Atlas, peupl&#233;s par d'anciennes tribus almoravides comme les Lamta et les Gazz&#251;la, les Almohades construisirent ou renforc&#232;rent de nombreuses e forteresses, qui n'emp&#234;ch&#232;rent pas une quinzaine de r&#233;voltes entre le milieu du XII et le milieu du XIII si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces r&#233;bellions se d&#233;veloppaient en g&#233;n&#233;ral autour d'un personnage charismatique, d'origine berb&#232;re, qui se pr&#233;tendant tant&#244;t Mahd&#238;, tant&#244;t proph&#232;te, s'appuyait sur des liens de solidarit&#233; tribale et sur le ressentiment cr&#233;&#233; par la domination almohade, dont on mesure l&#224; a contrario la relative efficacit&#233;, en particulier pour la lev&#233;e de l'imp&#244;t. Le mouvement le plus &#233;labor&#233; fut celui des Ghum&#226;ra, dans les ann&#233;es 1160. Leur chef prit le surnom honorifique de &#171; Celui qui est habit&#233; [par un esprit] &#187; (Maz&#238;dagh) avec la nisba d'al-Ghum&#226;r&#238;, et fit battre monnaie. La r&#233;putation de cet homme &#233;tait si grande que les Almohades, au lieu de le mettre &#224; mort, comme ils le firent avec bien d'autres rebelles, l'exil&#232;rent &#224; Cordoue. Enfin, dans les ann&#233;es 1250, un homme originaire des Hint&#226;ta parvint finalement &#224; faire s&#233;cession dans le S&#251;s. L'Empire almohade n'&#233;tait plus alors qu'une peau de chagrin autour de Marrakech.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4.4. LES ALMOHADES DE MARRAKECH (DATES DE R&#200;GNE) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &#8216;Abd al-Mu'min (1130 au Maghreb, 1145 en al-Andalus, 1163) &lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#8211; Muhammad b. &#8216;Abd al-Mu'min (5 mois en 1163) &lt;br class='autobr' /&gt;
3 &#8211; Ab&#251; Ya&#8216;q&#251;b Y&#251;suf (1163-1184) &lt;br class='autobr' /&gt;
4 &#8211; Ab&#251; Y&#251;suf Ya&#8216;q&#251;b al-Mans&#251;r (1184-1199) &lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#8211; Ab&#251; &#8216;Abd All&#226;h al-N&#226;sir (1199-1213) &lt;br class='autobr' /&gt;
6 &#8211; Ab&#251; Ya&#8216;q&#251;b al-Mustansir (1213-1224) &lt;br class='autobr' /&gt;
7 &#8211; Ab&#251; Muhammad &#8216;Abd al-W&#226;hid b. Y&#251;suf I al-Makhl&#251;&#8216; (1224, 8 mois). &lt;br class='autobr' /&gt;
8 &#8211; Ab&#251; Muhammad &#8216;Abd All&#226;h al-&#8216;&#194;dil (621/1224-624/1227) &lt;br class='autobr' /&gt;
9 &#8211; Ab&#251; Zakariyy&#226;' Yahy&#226; b. al-N&#226;sir al-Mu&#8216;tasim (1227-1229) &lt;br class='autobr' /&gt;
10 &#8211; Ab&#251; l-&#8216;Al&#226;' al-Ma'm&#251;n (1227-629/1232), dernier souverain almohade en al-Andalus &lt;br class='autobr' /&gt;
11 &#8211; &#8216;Abd al-W&#226;hid al-Rash&#238;d (629/1232-640/1242) &lt;br class='autobr' /&gt;
12 &#8211; &#8216;Al&#238; Ab&#251; l-Hasan al-Mu&#8216;tadid bi-Ll&#226;h al-Sa&#8216;&#238;d (640/1242 646/1248) &lt;br class='autobr' /&gt;
13 &#8211; &#8216;Umar al-Murtad&#225; (646/1248-665/1266) &lt;br class='autobr' /&gt;
14 &#8211; Idr&#238;s Ab&#251; l-&#8216;Ul&#225; Ab&#251; Dabb&#251;s al-W&#226;thiq (665/1266-668/1269&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Histoire du Maghreb m&#233;di&#233;val XI-XV si&#232;cle&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Buresi&lt;br class='autobr' /&gt;
Mehdi Ghouirgate&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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