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		<title>Nedjma Institute</title>
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		<title>L'islam au seuil des temps modernes </title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; plus d'un si&#232;cle que le monde musulman est entr&#233; dans une phase de renaissance, apr&#232;s ce qu'il est convenu d'appeler les si&#232;cles de stagnation culturelle. Nous examinerons plus loin la probl&#233;matique de ce renouveau et passerons en revue les th&#232;ses de source musulmane tendant &#224; expliquer les retards islamiques dans le domaine des sciences et, par voie de cons&#233;quence, dans celui de la civilisation mat&#233;rielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
l. &#8212; Le probl&#232;me de la p&#233;riodisation &lt;br class='autobr' /&gt; Dans un champ aussi vaste que celui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Debats-contemporains-" rel="directory"&gt;D&#233;bats contemporains&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; plus d'un si&#232;cle que le monde musulman est entr&#233; dans une phase de renaissance, apr&#232;s ce qu'il est convenu d'appeler les si&#232;cles de stagnation culturelle. Nous examinerons plus loin la probl&#233;matique de ce renouveau et passerons en revue les th&#232;ses de source musulmane tendant &#224; expliquer les retards islamiques dans le domaine des sciences et, par voie de cons&#233;quence, dans celui de la civilisation mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;l. &#8212; Le probl&#232;me de la p&#233;riodisation &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un champ aussi vaste que celui de l'histoire culturelle de l'Islam (qui s'&#233;tend sur quatorze si&#232;cles et couvre un large &#233;ventail de soci&#233;t&#233;s humaines), il est malais&#233; de d&#233;finir une stricte p&#233;riodisation. En outre, les crit&#232;res d'appr&#233;ciation risquent d'&#234;tre entach&#233;s de subjectivit&#233;. Selon un sch&#233;ma classique de l'orien-talisme, l'histoire culturelle du monde musulman se r&#233;sume en trois grands moments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) la phase de l'Islam triomphant, militairement et culturellement : grosso modo, du milieu du vi au milieu du xmi&#176; si&#232;cle (point de rep&#232;re crucial : en 1258, les &lt;a href='https://nedjma.org/L-Empire-mongol' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mongols&lt;/a&gt; saccagent Bagdad, capitale de l'Empire abbasside) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) les si&#232;cles de d&#233;clin culturel (milieu du xt - fin du xvin* si&#232;cle) ; 11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) la renaissance moderne, sous l'impact de la p&#233;n&#233;tration britannique en Inde (fin du xvii&#176; si&#232;cle - d&#233;but du xix&#176;) et de l'Exp&#233;dition fran&#231;aise d' &#201;gypte (1798- 1801).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sch&#233;matisation est loin d'&#234;tre satisfaisante d'un point de vue musulman. Le concept de d&#233;clin culturel est r&#233;cus&#233; par les musulmans ; ils le jugent inad&#233;quat, compte tenu de la diversit&#233; socioculturelle en pays d'Islam ; en outre, il refl&#232;te une m&#233;connaissance des donn&#233;es positives de la culture islamique, en dehors de la p&#233;riode &#8212; universellement connue &#8212; de l' &#171; &#226;ge d'or &#187; de l'Islam. Un large courant de recherches &#224; travers le monde musulman tend &#224; r&#233;habiliter ces &#171; si&#232;cles de d&#233;cadence &#187; en r&#233;futant cette conception &#233;tablie en Occident (et parfois re-prise en Orient) comme un acquis scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument fondamental de la critique musulmane, c'est que les orientalistes et leurs disciples arabo-musulmans font abstraction de la sp&#233;cificit&#233; de l'Islam et de l'esprit de sa culture. Ce qui appara&#238;t aux yeux de l'Europ&#233;en, vers la fin du xix&#176; si&#232;cle, comme un &#233;tat de d&#233;cadence, compte tenu des crit&#232;res d'alors (positivisme, scientisme, culte du machinisme, valorisation de l'individualisme, etc.), peut &#234;tre per&#231;u par le musulman comme un signe de vitalit&#233; spirituelle. Bien plus, pour les musulmans pla&#231;ant l'id&#233;al non dans la fr&#233;n&#233;sie de la civilisation industrielle, mais dans la permanence d'une vie simple, dans une soci&#233;t&#233; fraternelle, l'adoption des mod&#232;les culturels de l'Occident peut s'interpr&#233;ter comme un sympt&#244;me d'ali&#233;nation et de d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 / Jusqu'aux XII&#176;-XIV&#176; si&#232;cles, le monde musulman conserve une nette avance dans le domaine philosophique et dans bien d'autres disciplines o&#249; les recher-ches sont encore ind&#233;cises en milieu chr&#233;tien. Pour de grands esprits europ&#233;ens, de Roger Bacon, le Docteur Admirable (1214-1294), &#224; Fran&#231;ois Rabelais (1494- 1553), la culture arabo-musulmane est une culture de r&#233;f&#233;rence. Elle est en effet capable de former un g&#233;nie 12 de l'envergure d'un &lt;a href='https://nedjma.org/-Ibn-Khaldoun-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ibn Khaldoun&lt;/a&gt; (1332-1406), avec lequel la Raison affirme sa pr&#233;&#233;minence dans l'&#233;laboration du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 / A la fin du xIv&#176; si&#232;cle et au d&#233;but du xv&#176;, parall&#232;lement &#224; la gestation de la Renaissance europ&#233;enne, la culture islamique semble suffisamment outill&#233;e pour d&#233;passer les cadres de pens&#233;e m&#233;di&#233;vale. Mais l'Eu-rope, engag&#233;e dans l'&#232;re des grandes d&#233;couvertes, va devancer pour plusieurs si&#232;cles le monde musulman dans l'organisation du savoir sur des bases nouvelles. Avec les premiers acquis scientifiques et techniques, la diffusion de l'imprim&#233; et gr&#226;ce &#224; une dynamique socioculturelle sans &#233;gale en terre d'Islam, la Renaissance s'appr&#234;te &#224; forger les instruments de la supr&#233;matie technologique et &#233;conomique de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/Pendant ce temps (xv&#176;-xviI&#8216;&#176; si&#232;cles), l'Islam continue de repr&#233;senter une grande puissance militaire, sur terre et sur mer (malgr&#233; la d&#233;faite de L&#233;-pante, en 1571). &lt;br class='autobr' /&gt;
La vigueur de l'Empire ottoman assure encore &#224; de nombreux pays musulmans une relative autonomie politique ; mais il ne parvient pas &#224; leur insuffler de grandes ambitions en mati&#232;re de d&#233;veloppement, ni en termes de projets culturels. Fond&#233; sur un empire trop vaste et disparate, le syst&#232;me ottoman est peu propice aux &#233;changes culturels et aux &#339;uvres de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233; de l'Empire abbasside (750-1258), qui a &#233;t&#233; un grand carrefour de cultures et un creuset de civilisation, l'Empire ottoman vivra d'emprunts h&#233;t&#233;rog&#232;nes &#233;chappant &#224; tout principe unificateur. Soumises mais non assimil&#233;es, les diff&#233;rentes natio-nalit&#233;s n'apportent &#224; l'Empire ni les &#233;nergies d'une adh&#233;sion f&#233;conde ni les ressources indispensables au progr&#232;s social et mat&#233;riel. Sous la tutelle nominale des Ottomans, les peuples musulmans poursuivent leur 13 &#233;volution respective, dans des conditions plus ou moins favorables, d'apr&#232;s leur environnement g&#233;ogra-phique, leur potentiel &#233;conomique, leur g&#233;nie national. Mais l'&#232;re de l'&#233;lan cr&#233;ateur et des grandes produc-tions de l'esprit semble toucher &#224; sa fin, sur toute l'&#233;tendue de l'espace islamique. Le monde de l'Islam se retranche dans une sorte de cl&#244;ture morale. On note bien de-ci de-l&#224; quelques essais de r&#233;novation doctrinale, par exemple au sein de l'Ecole n&#233;o-hanbalite, illustr&#233;e par le th&#233;ologien syrien Ahmad Ibn Taymiyya (m. 728/1328). Toutefois, dans ces efforts intermittents, dans ces &#339;uvres invariablement attach&#233;es aux mod&#232;les classiques, aucune d&#233;marche r&#233;solument novatrice, aucune ouverture &#224; l'univers culturel de la Chr&#233;tient&#233;, aucune s&#233;rieuse tentative de synth&#233;tisation du savoir moderne, dans le genre de l'Encyclop&#233;die de Diderot et d'Alembert (1751-1772).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination des armes, qui conf&#233;rait au califat ot-toman sa l&#233;gitimit&#233;, apparaissait comme son unique raison d'&#234;tre. Mais ce r&#233;gime semblait vou&#233; &#224; un lent d&#233;p&#233;rissement, en raison d'irr&#233;m&#233;diables carences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 / Apr&#232;s les succ&#232;s foudroyants des XV&#176; et XVI&#176; si&#232;-cles (1453, prise de Constantinople ; 1526, conqu&#234;te de la Hongrie) et l'ultime offensive en direction de Vienne (assi&#233;g&#233;e &#224; nouveau en l'&#233;t&#233; 1683), la puissance ottomane conna&#238;t une phase de reflux. Ce processus ira s'accentuant sous les effets conjugu&#233;s de plusieurs facteurs : la prise de conscience europ&#233;enne et le sur-saut de la Chr&#233;tient&#233; devant le &#171; p&#233;ril musulman &#187; ; la r&#233;sistance des nationalit&#233;s hostiles &#224; la pr&#233;sence turque ; enfin, l'incapacit&#233; du syst&#232;me ottoman &#224; s'adapter aux exigences de la guerre moderne. Dans ce rapide aper&#231;u, on ne peut s'&#233;tendre sur la situation des empires et autres pouvoirs &#233;tatiques for-mant, avec l'Empire ottoman, l'ossature politique du 14 monde musulman, &#224; savoir : l'Empire des Safawides en Perse (1502-1736) ; l'Empire des Moghols en Inde ; les sultanats de Sumatra (depuis 1507) et de Java (de-puis 1518) ; l'Empire ch&#233;rifien au Maghreb (sous les dynasties saadienne et alaouite) ; les empires et royau-mes du Centre-Ouest africain, notamment l'Empire Songhai (Niger-Mali)'. Du point de vue socioculturel, les grands ensembles musulmans &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Empire ottoman n'&#233;taient gu&#232;re mieux arm&#233;s que celui-ci pour s'engager, &#224; leur tour, dans l'aventure scientifique et technologique des Temps modernes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. &#8212; La fin d'une &#233;poque &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dernier quart du xvI&#176; si&#232;cle appara&#238;t &#224; tous &#233;gards comme un tournant d&#233;cisif dans l'&#233;volution du monde islamique. Jusqu'alors, la Communaut&#233; musul-mane vivait dans un univers mental et culturel &#224; l'abri des influences ext&#233;rieures, comme en t&#233;moignent : la stabilit&#233; des cadres institutionnels, des structures socio-&#233;conomiques, du mode de vie intellectuelle ; la permanence des valeurs traditionnelles au sein de la famille et de la Cit&#233;. Mais apr&#232;s avoir &#233;t&#233;, durant de longs si&#232;cles, pro-fond&#233;ment ancr&#233;s dans les certitudes de leur foi et de leur culture, &#224; l'int&#233;rieur de fronti&#232;res r&#233;put&#233;es invio-lables, les peuples musulmans commencent &#224; subir les assauts d'une Europe expansionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choc colonial.&lt;/strong&gt; - Les expansions coloniales sont d'abord per&#231;ues par les Musulmans comme de nou-1. Cf. Marshall G. S. Hodgson, The Venture of Islam, Chicago, 1974, vol. 3, p. 1-161 : tableau des empires islamiques dans leur &#233;volution historique et socioculturelle. 15 velles croisades contre leur territoire. Elles d&#233;clen-chent des r&#233;actions de d&#233;fense, en ordre dispers&#233;, sans grande efficacit&#233; devant la puissance offensive des Europ&#233;ens. L&#224; o&#249; s'effondrent les structures poli-tiques locales, la rel&#232;ve est assur&#233;e par des meneurs d'hommes sous la banni&#232;re de la foi : marabouts, ch&#233;-rifs (se r&#233;clamant de la descendance du Proph&#232;te), r&#233;-formateurs de tous horizons, mahdis (fondateurs de courants messianiques) se dressent pour pr&#234;cher le r&#233;armement moral de la Communaut&#233;, le retour aux sources de la Foi et la restauration de la tradition du Proph&#232;te comme voie de salut pour les Musulmans. Les &#233;checs historiques du monde musulman sont interpr&#233;t&#233;s comme un avertissement de la Providence. Partant du principe coranique : &#171; Dieu ne change pas la condition d'un peuple tant que celui-ci ne change pas en lui-m&#234;me &#187; (Coran, XIII, 11), les r&#233;formateurs &#233;tabliront que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; a) si les Musulmans connaissent un sort d&#233;favorable, c'est qu'ils ont d&#233;m&#233;rit&#233; en raison du changement de leur comportement au regard des exi-gences fondamentales de la R&#233;v&#233;lation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) le salut r&#233;sidera dans un changement qui les rende aptes &#224; m&#233;-riter la grandeur (siy&#228;da) et le bonheur (sa&#8216;&#228;da) aux-quels ils aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constamment repris, tel un leitmotiv, le verset pr&#233;-cit&#233; formera l'argument central des discours islamiques de l'&#232;re coloniale : les uns, centr&#233;s par priorit&#233; sur le th&#232;me de la guerre sainte, pour galvaniser les &#233;nergies dans la lutte contre l'occupant ; les autres, pr&#234;chant inlassablement l'urgente r&#233;g&#233;n&#233;ration morale et spirituelle de l'Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se mobilisant dans la lutte contre l'Europe pour sauvegarder leur foi et leur libert&#233;, les peuples musulmans se sont trouv&#233;s, par la force des choses, engag&#233;s dans un processus de mutation socioculturelle : un 16 processus gros de tensions entre les g&#233;n&#233;rations, les milieux sociaux et surtout &#8212; dans la classe intellectuelle &#8212; entre les partisans du modernisme et les d&#233;fenseurs des valeurs de tradition, en tant qu'expression optimale du mod&#232;le islamique. Ce d&#233;bat dominera la pens&#233;e musulmane durant tout le xIx&#176; si&#232;cle et le d&#233;but du xx&#8216;. L'enjeu &#233;tait consid&#233;rable. Pour beaucoup, il apparaissait difficile de troquer la fid&#233;lit&#233; au patrimoine culturel de l'Islam, un certain type de relations humaines et un certain art de vivre dans la Cit&#233; musulmane, contre les mod&#232;les culturels de l'Occident et les attraits de la civilisation moderne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ali Merad&lt;br class='autobr' /&gt;
L'islam contemporain&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Politique et la&#239;cit&#233; de Ghaleb Bencheikh</title>
		<link>https://nedjma.org/Politique-et-laicite-de-Ghaleb-Bencheikh</link>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'affirmer dans une sorte de p&#233;tition de foi que les croyants musulmans peuvent et doivent vivre &#224; l'aise avec leur conviction religieuse dans des soci&#233;t&#233;s s&#233;cularis&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;sintrication de la politique d'avec la religion est possible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est n&#233;cessaire. Encore faut-il donner &#224; cette affirmation l'assise doctrinale indispensable avec les arguments qui l'&#233;tayent. C'est ce que nous d&#233;velopperons dans les paragraphes qui suivent. L'impact des forces religieuses dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Debats-contemporains-" rel="directory"&gt;D&#233;bats contemporains&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'affirmer dans une sorte de p&#233;tition de foi que les croyants musulmans peuvent et doivent vivre &#224; l'aise avec leur conviction religieuse dans des soci&#233;t&#233;s s&#233;cularis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sintrication de la politique d'avec la religion est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est n&#233;cessaire. Encore faut-il donner &#224; cette affirmation l'assise doctrinale indispensable avec les arguments qui l'&#233;tayent. C'est ce que nous d&#233;velopperons dans les paragraphes qui suivent. L'impact des forces religieuses dans la vie des soci&#233;t&#233;s et l'attitude du pouvoir politique &#224; l'&#233;gard de la religion sont des questions cruciales. Elles ont, de tous temps, conserv&#233; leur importance capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens que l'interf&#233;rence de l'ordre religieux dans le champ politique et la politisation des syst&#232;mes de croyances demeurent un des probl&#232;mes majeurs auxquels ont toujours &#233;t&#233; confront&#233;es les soci&#233;t&#233;s humaines. Depuis que celles-ci ont commenc&#233; &#224; trouver du liant pour maintenir la coh&#233;sion du groupe dans ce qui les d&#233;passe, elles ont tenu &#224; gouverner et se faire administrer au nom d'un sacr&#233; qui les consacre. L'issue r&#233;side, donc, dans la dissociation du religieux d'avec le politique dans l'organisation de la Cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet ordre d'id&#233;es que la th&#233;ologie doit reconna&#238;tre la validit&#233; d'une pens&#233;e politique et sa pertinence. Elle n'aura plus &#224; maintenir fig&#233;es les consciences croyantes dans une conception du monde &#233;cul&#233;e, tourn&#233;e exclusivement vers le Ciel. Aussi, la recherche de solutions politiques ayant comme vis&#233;e ultime la conduite d'une &#171; vie bonne &#187;, comme l'auraient formul&#233;e les Grecs, ne sera-t-elle pas une activit&#233; r&#233;flexive incongrue jug&#233;e &#171; impie &#187;. Et, qu'est-ce qu'une vie bonne ? Ce sera une vie r&#233;ussie pour soi, utile pour autrui. On peut y parvenir sans la forte pr&#233;gnance de l'omnipr&#233;sent et &#233;touffant discours religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La modernisation des soci&#233;t&#233;s est tributaire de l'&#233;volution religieuse sur les sujets fondamentaux du rapport &#224; la chose publique. Le progr&#232;s est au prix de la d&#233;connexion de l'imp&#233;ratif politique du commandement religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, et contrairement &#224; ce que laisse croire une focalisation exag&#233;r&#233;e sur les th&#232;ses islamistes radicales qui ont pollu&#233; le d&#233;bat et ont contribu&#233; &#224; penser l'islam en termes de singularit&#233;, d'exception et d'un tout irr&#233;m&#233;diablement vou&#233; &#224; la fatalit&#233; d'un archa&#239;sme structurel ind&#233;passable, il existe bel et bien une pens&#233;e construite traitant de ces th&#232;mes prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son tort est de n'avoir pas su se faire voir ni entendre. Parce que l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; ces questions essentielles s'est manifest&#233; aussi bien &#224; travers l'histoire que durant ces derni&#232;res d&#233;cennies. En m&#234;me temps, nous reconnaissons que l'&#233;laboration de cette pens&#233;e politique demeure encore assez peu prise en consid&#233;ration, dans ses implications, en tant qu'une science autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle accuse un certain d&#233;phasage par rapport aux r&#233;elles aspirations des peuples musulmans &#224; accompagner le train actif des avanc&#233;es d&#233;mocratiques, de l'&#233;tat de droit et des r&#233;formes des cadres institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ghaleb Bencheikh&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Petit manuel pour un Islam &#224; la mesure des hommes&lt;br class='autobr' /&gt;
Ghaleb Bencheikh&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ijtihad</title>
		<link>https://nedjma.org/L-ijtihad</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En Islam, on observe que toute r&#233;forme s'ancre d'abord dans un travail lent et progressif de lecture et de relecture des textes sacr&#233;s. Ce retour sur les textes est cens&#233; impliquer un changement d'attitude dans le domaine des pratiques sociales &#8211; avec leurs in&#233;vitables retours en arri&#232;re, leur stagnation et leurs sursauts. L'effort de recherche ou de compr&#233;hension personnelle du musulman, qu'il soit individuel ou collectif, s'appelle ijtihad : il s'agit d'assimiler la signification intime (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://nedjma.org/-Debats-contemporains-" rel="directory"&gt;D&#233;bats contemporains&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Islam, on observe que toute r&#233;forme s'ancre d'abord dans un travail lent et progressif de lecture et de relecture des textes sacr&#233;s. Ce retour sur les textes est cens&#233; impliquer un changement d'attitude dans le domaine des pratiques sociales &#8211; avec leurs in&#233;vitables retours en arri&#232;re, leur stagnation et leurs sursauts. L'effort de recherche ou de compr&#233;hension personnelle du musulman, qu'il soit individuel ou collectif, s'appelle ijtihad : il s'agit d'assimiler la signification intime des textes sacr&#233;s afin d'&#234;tre capable de formuler des r&#232;gles adapt&#233;es &#224; des conditions sociohistoriques nouvelles, tout en restant conforme &#224; l'esprit des textes. Si l'ijtihad concerne en premier lieu la &#171; compr&#233;hension exacte &#187; du Coran, ce sont les r&#232;gles de la shari'a et les conditions de leur applicabilit&#233; en fonction du temps et du lieu qui nous importent ici. Une fois que le socle de lois a &#233;t&#233; correctement compris et appliqu&#233; peuvent alors s'appliquer toute une s&#233;rie de r&#232;gles distinctes et de codes personnels qui ne soient ni rigides ni mim&#233;tiques, et qui par l&#224; m&#234;me s'adapteraient &#224; la r&#233;alit&#233; historique de chaque peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On explique g&#233;n&#233;ralement que la &#171; porte de l'ijtihad &#187; (bab al-ijtihad) aurait &#233;t&#233; ouverte par le calife &#8216;Umar apr&#232;s la mort du Proph&#232;te et qu'elle aurait &#233;t&#233; referm&#233;e &#224; la fin du Xe si&#232;cle par le calife abbasside Al-Qadir (m. 1031), quand il imposa l'&#233;cole doctrinale d'Ibn Hanbal et d&#233;clara le mu'tazilisme h&#233;r&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre si&#232;cles avaient &#233;t&#233; n&#233;cessaires pour mettre en place les &#233;l&#233;ments du dogme, avec leurs r&#232;gles, leurs applications et leurs interpr&#233;tations : apr&#232;s cet immense travail de jurisprudence islamique, les autorit&#233;s centrales de Bagdad auraient donc ent&#233;rin&#233; l'id&#233;e absurde de l'ach&#232;vement de la r&#233;flexion sur le nouveau, comme si la th&#233;ologie, le droit, et plus g&#233;n&#233;ralement le progr&#232;s du monde, &#233;taient arriv&#233;s &#224; leur terme ultime et ind&#233;passable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on dit que la &#171; porte de l'ijtihad &#187; a &#233;t&#233; ferm&#233;e, cela signifie que la compr&#233;hension des textes est achev&#233;e et qu'il n'est plus possible, &#224; moins de passer pour un h&#233;r&#233;tique, d'ajouter &#224; l'herm&#233;neutique existante un tajdid au sens propre du terme, &#224; savoir une r&#233;novation des pratiques anciennes et non pas seulement une recomposition des textes fondateurs. A l'inverse, pr&#233;tendre rouvrir la porte de l'ijtihad revient &#224; inviter tout un chacun &#224; une lecture critique du corpus canonique constitu&#233; par le Coran et la Tradition. Aujourd'hui, on tente par divers moyens d'ouvrir une seconde phase d'interpr&#233;tation et de renouvellement de la pens&#233;e musulmane. On appelle ijtihadistes ou mujaddidun les r&#233;formistes qui tentent de mener cet effort de r&#233;adaptation de la doctrine coranique aux nouvelles conditions d'existence des musulmans. Dans cet ouvrage, les trois quarts des r&#233;formateurs retenus sont des mujaddidun attach&#233;s au progr&#232;s et &#224; l'&#233;volution de l'islam. Des r&#233;formateurs comme Al Qursawi, le premier qui aurait &#171; rouvert &#187; les portes de l'ijtihad &#224; l'&#233;poque moderne, ou encore Cevdet, qui lan&#231;a &#224; Gen&#232;ve une revue intitul&#233;e Ictihad ; mais aussi des penseurs comme Bigi, Bubi, &#268;ulpan, Qursawi M&#228;rcani, Su'avi, Soroush, Al-Sa'idi et d'autres encore. Tous ont d&#233;ploy&#233; une &#233;nergie particuli&#232;re &#224; explorer la notion d'ijtihad dans ses multiples versants : doctrinal, historique, th&#233;orique et programmatique. Mais l'ijtihad ne saurait &#224; elle seule mener la r&#233;forme, m&#234;me si elle en constitue un aspect essentiel. Aucune transformation de l'islam ne sera possible ni m&#234;me envisageable sans qu'il y ait au pr&#233;alable une prise de conscience que c'est l'av&#232;nement de l'Individu qui est le moteur et la finalit&#233; de cette r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que la r&#233;forme de l'islam ne peut &#234;tre disjointe de la r&#233;forme politique et sociale des pays musulmans, en partant de leurs processus &#233;ducatifs, de leur syst&#232;me de transmission des valeurs et de leur vitalit&#233; culturelle. Les h&#233;rauts de la islah&#176; ou Nahda au XIXe si&#232;cle avaient bien compris que l'affranchissement politique de la tutelle coloniale (ottomane ou occidentale) &#233;tait un pr&#233;alable &#224; une r&#233;forme sociale et culturelle plus profonde, et que c'est celle-ci qui donnerait in fine son sens et sa valeur &#224; ce mouvement de lib&#233;ration&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dictionnaire des r&#233;formateurs musulmans des origines &#224; nos jours &lt;br class='autobr' /&gt;
Malek Chebel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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