Monseigneur Duval et l’indépendance de l’Algérie : une position courageuse Biographies lundi 13 avril 2026 Né le 9 novembre 1903 à Chênex (Haute-Savoie) dans une famille d’agriculteurs, Léon-Étienne Duval est formé au petit séminaire de La Roche-sur-Foron, au grand séminaire d’Annecy et au Séminaire français. Ordonné prêtre à Rome (1926), docteur en théologie (1927), il est nommé vicaire de La Roche-sur-Foron et de Saint-Gervais (1928-1930). Il choisit ensuite d’enseigner la théologie dogmatique au grand séminaire d’Annecy (1930-1938) dont il est aussi l’économe (1938-1942) avant d’être nommé, en 1942, vicaire général de Mgr Cesbron, évêque d’Annecy. Le 3 novembre 1946, il devient évêque de Constantine et d’Hippone, alors que les émeutes du Constantinois du printemps 1945 et leur violente répression sont dans toutes les mémoires algériennes. Mgr Duval se démarque d’emblée des positions du clergé et de ses fidèles d’origine européenne. Sensible à la misère et à l’injustice que subit la population indigène, il prône l’égalité entre les communautés et se rapproche de personnalités musulmanes et nationalistes. En 1950, à l’occasion du cinquantenaire de l’inauguration de la basilique Saint-Augustin à Hippone, il fait visiter l’Est algérien à Mgr Roncalli, nonce à Paris et futur Jean XXIII (1958). Nommé archevêque d’Alger le 3 février 1954, quelques mois avant le lancement de l’insurrection algérienne, il est d’emblée favorable à une négociation* avec les nationalistes, condamne publiquement la torture* en janvier 1955, s’oppose à une intervention pour le Comité de salut public en mai 1958, interdit la célébration de la messe sur les barricades en janvier 1960, condamne le putsch* des généraux d’avril 1961 et le terrorisme de l’OAS* autant que les violences du FLN*. Proche des milieux progressistes d’Alger, il est perçu comme un traître par les prêtres et les catholiques militants de l’Algérie française qui le surnomment « Mohammed Duval ». Au printemps 1962, il assiste impuissant à la guerre civile et à l’exode des catholiques mais décide de rester en Algérie. Il reçoit la nationalité* algérienne en 1966. Il préside la Conférence épiscopale d’Afrique du Nord de 1963 à 1988, est nommé cardinal en 1965, et préside le synode de 1971. Responsable d’une église minoritaire en terre musulmane, il est un ardent défenseur du dialogue islamo-chrétien et interreligieux, du sort des immigrés maghrébins en France et du tiers-monde. Il démissionne en avril 1988 à 84 ans et meurt le 30 mai 1996, à Alger, quelques jours après l’assassinat des moines cisterciens de Tibhirine. Il est inhumé dans la basilique Notre-Dame-d’Afrique d’Alger Voir la source Source de l'article Dictionnaire de la guerre d’Algérie Qui êtes-vous ? Votre nom Veuillez laisser ce champ vide : Votre adresse email Votre message Titre (obligatoire) Texte de votre message (obligatoire) Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Veuillez laisser ce champ vide : Commentaires